Beau geste malencontreusement confiné sur les plateformes (Mubi, avec un bon VPN) : post-apocalypse chantée, comédie musicale du déni et de la névrose dans un maintien sous humanité artificielle. Les morceaux élargissent les murs d'un sous-sol figé. Le huis-clos distille son venin à mesure que la menace approche. D'où la fin surgira-t-elle? L'étude permet d'observer les vertus et les limites du cocon familial, les mécanismes de désagrégation du social lorsque plus rien ne subsiste à l'extérieur, les failles et les cassures internes, la culpabilité de survivre, les tentatives de maintenir un art de vivre malgré tout par tous les raffinement possibles de la civilisation. Mais il faut composer avec les souvenirs, les regrets, les remords, la solitude... Étrange drame, curieuse scène. Car les chants sonnent juste et la peinture est subtile. Et les acteurs de prestige sont à leur meilleur, Tilda Swinton, Michael Shannon en tête.