Dans leur cage dorée aux allures de bunker de luxe aménagé dans les règles de l'art bourgeois, une famille mène une vie bien réglée. Hors de ces murs, on comprend que c'est le chaos, et que l'humanité va à sa perte.
La famille prétend mener une vie ordinaire. L'écriture des mémoires du père, le jeu de construction miniature du fils, le choix des tableaux de la mère sont quelques unes de ses activités, dont la vanité est interrompue quelques fois par des exercices de survie affolants. Un docteur et la meilleure amie participent aussi à cet entre-soi, qui a quelque chose de bizarre, de distant, voire de malsain.
L'arrivée d'une survivante va confronter la famille avec la vie laissée derrière eux et faire resurgir des vérités glaçantes.
C'est d'ailleurs la froideur qui caractérise le film, de part les couleurs (l'absence évidente de soleil), mais aussi le cynisme des personnages. Les chansons apportent un semblant de gaité dans ce paysage. Toutefois, il semble que l'on chante pour ne pas sombrer dans la folie, pour regagner en humanité, comme une sublimation artistique.
Décalé, le film assume son scénario dystopique incongru, avec un décor soigneusement pensé. Il y a notamment ce "no man's land", frontière avec le monde extérieur, constitué de quelque chose comme de la poussière ou de la neige.
Dans son genre, le film arrive à nous embarquer dans son huis-clos glaçant, tout en nous faisant réfléchir sur ce qui est constitutif de notre humanité et ce qui nous rassemble.