Non, non, nooon, noooooon !!!!!
Mais comment ? Comment un concept si prometteur, si malin, si audacieux, si riche en opportunités d'exploitations a pu être aussi gâché ?
Dieu, mais que ça partait bien !
le film avait un sujet en MOTHER FUCKING OR MASSIF et tous les autres prérequis pour faire des étincelles !!!
Il n'avait strictement aucune excuse pour souffrir d'une telle paresse d'écriture !
Même le père Crowe avait l'air d'y croire tant il s'est donné à fond !
Je le fais rarement, mais je vais vraiment devoir vous résumer le postulat de base afin que vous mesuriez l'ampleur de la perte si vous n'y avez pas encore assisté :
Ici, notre protagoniste est, contre toute attente, un acteur chargé d'endosser le rôle d'un prêtre ce qui tranche complétement avec les films d'exorcisme habituels.
Un rôle d'autant plus complexe à tenir qu'il entretien un "rapport" très particulier avec les hommes de dieux qui nous ramène hélas à un phénomène bien réel, surtout dans les coulisses de la "maison de dieu"...
On parle là d'abus sexuels sur des enfants en bas âge... Un sujet grave et important rarement traité dans ce type de production.
Fort heureusement, le film, à défaut d'être très profond a quand même pris soin d'éviter tout manichéisme primaire conduisant aux sempiternels sermons christianophobes made in hollywood.
Ce traumatisme lui a coûté sa sobriété au quotidien, sans compter le deuxième effet kiss cool, un impact catastrophique sur ses performance d'acteurs !
Et comme on dit, jamais deux sans trois, cela se répercute également sur la considération que sa fille lui porte et les proches amies de cette dernière.
Cet homme est la fois une victime de la vie, un alcoolique notoire et par extension, un acteur aux fraises. Il a pas tirer un carré d'as le gars...
S'ensuit alors des événements troublants directement liés à l'état de notre cher ami. Ses démons intérieurs et son implication douloureuse dans un rôle qu'il déteste naturellement vont prendre une forme un peu plus concrète.
Et là, c'est le drame...
Une fois ce portrait alléchant lentement et longuement dressé, le film, un peu comme le protagoniste... se retrouve en état d'ébriété. Il a oublié son texte...
Alors il balbutie, il titube. Parfois, il a une éclair de génie, mais le reste du temps, il récite maladroitement avant de s'effondrer dans une mare de vomis...
Le seul sujet que le film pense à traiter, d'un seul gros coup de godet, c'est l'affrontement des démons intérieurs... Bref, la face ultra émergé de l'énorme iceberg qui nous est tendu ! et je peux vous certifier que l'affaire est réglée en deux temps trois mouvements ! Plus brute de décoffrage tu meurs !
Ainsi, on éludera toutes formes de développement psychologique profond,
Le caractère tortueux du chemin de la paix intérieur et de la rédemption passe aux oubliettes alors qu'on nous apprend depuis l'enfance que l'important réside dans le parcours et non la finalité.
C'est d'autant plus dommage qu'à part ça, l'ambiance est plutôt chouette et travaillée, les acteurs sont convaincus et le début est génial
Mais voilà... on se retrouve donc avec un film plein de promesses, tels que le traitement du traumatisme profond même, le sujet passionnant et bien réel d'effets de transfert de l'acteur sur un personnage qu'il déteste et même jusqu'à la promesse d'un film d'horreur qui alterne entre peurs psychologiques et coups de théâtre inhérents au genre... Et on se retrouve à la sortie de la boite de nuit avec Monsieur le scénariste tellement torché qu'il retrouve même plus sa bite pour pisser.
Ah bah c'est du jolie !