Réalisé quelques années avant The Prison Experiment - L'Expérience de Stanford qui reprend le même fait divers, The Experiment a au moins l'avantage de durer une demi-heure de moins que cette purge. Même le titre est plus digeste, c'est déjà bon signe. Je me suis beaucoup moins ennuyée et le réalisateur n'a pas cherché bêtement à coller à l'époque, ce qui évite au spectateur l'affligeant spectacle d'une ribambelle de perruques 70's des plus ridicules. Qu'elle soit située en 1971 ou de nos jours, je doute que ça change quoi que ce soit dans cette histoire, puisqu'il s'agit de montrer l'apparition inévitable de l'autoritarisme et de la violence au sein d'un groupe d'hommes où une partie a tout pouvoir sur l'autre. Ça pourrait se passer à n'importe quelle époque et dans n'importe quel pays. Il n'était donc pas indispensable de faire une reconstitution historique précise.
Le passage de l'autorité à l'autoritarisme, puis à la violence jusqu'à un point de non retour est bien montré, de manière un peu accélérée certes, mais l'enchaînement est plutôt crédible. J'ai juste une réserve pour le personnage de Whitaker qui vire trop brutalement au psychopathe.
L'inconvénient de la courte durée du film, c'est que le crescendo d'autoritarisme et de violence paraît trop rapide. Mais c'est bien joué et on ne s'ennuie jamais. Adrien Brody est magnifique comme toujours et n'a aucun mal à susciter une énorme empathie. Quel plaisir de le voir affronter Whitaker !
La purge de 2015 est peut-être plus réaliste et moins caricaturale, mais sa froideur et sa laideur m'ont totalement rebutée. The Experiment est bien plus efficace et passionnant, essentiellement grâce au jeu très émotionnel de Brody et son personnage cool et sensible auquel on s'attache immédiatement.