Un film historique qui en jette par son incroyable casting (Song Kang-ho et Lee Jung-jae), ses décors, ses costumes et sa magnifique photo, mais qui pèche un peu par sa longueur excessive. Après une longue première partie légère, ensoleillée mais moyennement passionnante, l'arrivée du méchant prince Su Yang annonce une deuxième partie sanglante et sombre qui donne la sensation de s'enfoncer dans un cauchemar sans fin. C'est dommage qu'il faille attendre presque une heure pour que le film décolle.
Ce n'est donc pas le "liseur de visage" (Song Kang-ho) du titre qui marque profondément le film de son empreinte mais le maléfique prince Su Yang auquel Lee Jung-jae apporte sa beauté animale, son élégance féline et sa voix grave. Avec son visage pâle - "de loup", dixit le liseur de visage - marqué par des cicatrices, son sourire carnassier et ses flamboyants costumes aussi noirs que son regard, il est un des plus séduisants salopards que j'ai vus dans un film. Son arrivée au ralenti sous les yeux effarés de Song Kang-ho est un chef-d'oeuvre de montage et de suspense. Je n'ai pas souvenir d'avoir vu une plus belle entrée de méchant dans un film. D'ailleurs, il fait tout au ralenti : il marche au ralenti, il se déshabille et s'habille au ralenti, ses flèches se déplacent au ralenti... On n'est pas loin du gimmick, mais c'est imparable d'efficacité et rend chacune de ses apparitions parfaitement captivante.
Le charisme de Lee est tel qu'il arrive à éclipser Song Kang-ho dans les quelques scènes qu'ils partagent, ce qui n'est pas un mince exploit, vu l'ENORME présence naturelle du bonhomme.
Celui-ci a tout de même l'occasion de briller et de montrer ses impressionnants talents de tragédien dans une scène particulièrement cruelle et déchirante à la fin du film. Il a vraiment un don exceptionnel pour pleurer - il l'avait d'ailleurs prouvé dans un précédent film du même réalisateur ("The Show must go on"). Impossible de rester insensible devant la détresse extrême de son personnage. Et Lee Jung-jae, qui n'est bien sûr pas étranger à ce désespoir, est extraordinaire de cruauté et de sadisme souriant.