Film culte aux images spectaculaires. C’est un drame intimiste mêlé à un conte épique vu par l’imagination d’une petite fille de 5 ans.
Le tournage a duré environ 4 ans et a été réalisé dans 28 pays (rien que ça). L’impression d’être dans un rêve est tellement puissante, d’autant plus quand on sait que tous les décors sont naturels et sans image de synthèse, comme voulu par Tarsem Singh. C’est un projet très personnel du réalisateur, et quand on sait qu’il a investi son propre argent pour tourner, on sent que c’est une œuvre qu’il voulait perfectionner dans chaque détails.
L’authenticité de l’actrice qui jouait Alexandria est à souligner. Elle n’avait pas d’expérience et ne jouait pas. Les erreurs de langage et de geste qu’il pouvait y avoir ont été gardé pour figé l’unicité de chaque scène.
L’élément du 3 qui remplace le e à la fin du mot morphine était justement une erreur de lecture de Catinca Untaru. Tarsem a trouvé cet élément tellement intéressant qu’il a modifié le scénario dans ce sens.
L’acteur Lee Pace et une partie de l’équipe du film faisait croire à la petite fille qu’il était vraiment paraplégique. Cette méprise avait pour bute de rendre leurs échanges plus profonds et sincères.
Malgré un budget d'environ 30 millions de dollars, le film n'a rapporté qu'environ 3,7 millions au box-office. Mais c’est un échec qui est devenu culte aujourd’hui.
Plus tard, Peter Jackson a expliqué que la performance de Lee Pace dans The Fall avait contribué à son choix pour incarner Thranduil dans la trilogie Le Hobbit. Comme quoi, des petites pépites nichés dans des recoins cachés peuvent inspirer les plus grands.
L'une des idées les plus intéressantes du film est que le monde imaginaire est construit par Alexandria, pas par Roy. Les personnages du conte empruntent le visage des personnes qu'elle rencontre à l'hôpital, et elle transforme les descriptions de Roy selon sa propre compréhension d'enfant. C'est pourquoi le récit paraît si libre, poétique et parfois illogique : on voit littéralement l'imagination d'une fillette prendre vie.
C'est cette combinaison d'un tournage entièrement en décors naturels, d'une esthétique unique et d'une réflexion sur l'imagination qui fait de The Fall un film souvent considéré comme l'un des plus beaux visuellement du 21e siècle, malgré son échec commercial initial.
Il vous fait pleurer, les yeux brillants de fascination. Je n’ai pas arrêté de dire à quel point c’était beau. Sans oublier la Symphonie n° 7 Beethoven qui berce les moments de tensions et les redescentes en chutes libre.
Très heureuse d’avoir vu cette petite merveille.
ps : les transitions m'ont fait crier dans l'oreiller, c'était fabuleux.