Le premier mot qui me vient en tête pour ce film, c'est "sublime". Oui, ce film réalisé par Tarsem Singh est particulièrement démonstratif dans sa mise mais c'en est justement tout le but.
Dans les années 20, dans un hôpital de Los Angeles, une petite fille avec le bras plâtré tombe sur un acteur admis ici après une violente chute. Les deux se lient d'amitié, l'acteur lui raconte une histoire mais à une condition : qu'elle lui ramène de la morphine en cachette dans un but assez sombre.
Derrière cette petite histoire gentillette se cache un drame d'une extraordinaire poésie. Poésie que l'on retrouve autant dans la réalité que dans l'histoire racontée par l'acteur. Dans cette dernière, le réalisateur y déploie les grands moyens : décors monstrueux, lieux insolites, personnages tout droits sortis de "La Ligue des Gentlemens Extraordinaires" et surtout une mise en scène qui coupe le souffle du spectateur dans chacune de ses plans. Alors oui, encore une fois, c'est très démonstratif (et puis, il y a notamment la fin qui est un peu trop larmoyante à mon goût) mais c'est justifié par son aspect épique et le côté "histoire que l'on raconte avant de se coucher".
Ainsi, cette mise en scène apporte le côté onirique nécessaire à l'ensemble pour que, justement, l'on tombe dedans et que l'on y croit, à l'instar de la petite fille. Et le réalisateur en profite par ailleurs pour y faire une véritable déclaration d'amour au cinéma, notamment dans sa fin particulièrement émouvante.
Parce-que le cinéma, c'est raconter des histoires, faire rêver et derrière chacun de ces personnages loufoques des films muets des années 20 se cachaient des acteurs qui risquaient leur vie uniquement pour allumer une étincelle dans l’œil du spectateur.