Dans son premier tiers, le film enchaine plutôt les bons points :
+ L'hommage au job (de l'ombre) des cascadeurs est sincère & bienvenu
+ Ryan Gosling confirme une fois de plus son charisme & son sens comique
+ L'alchimie avec Emily Blunt prend rapidement
+ Les bonnes idées de mise en scène, gags & cascades s'enchainent en rythme
(la licorne, le splitscreen, le combat fluo sous LSD...)
Mais la satire n'excuse pas tout : relever le ridicule des grosses ficelles & stéréotypes made-in-hollywood ne donne pas carte blanche pour en abuser.
Malheureusement, le film s'essouffle et sombre dans les travers des blockbusters dont il prétend vouloir se moquer :
- dans sa deuxième moitié, le scénario s'enfonce dans la prévisibilité et emprunte des facilités d'écritures dignes de mauvais blockbusters pour enfants
les aveux de meurtre soutirés au méchant grâce à un micro-cravate oublié... la bataille des cascadeurs contre les vilains-hommes-de-main dans une séquence toute droit sortie de maman j'ai raté l'avion ?
- les personnages secondaires sont aussi mal écrits qu'ils sont joués : Hannah Waddingham, Aaron Taylor-Johnson, Winston Duke... cabotinent laborieusement dans des rôles caricaturaux & sans finesse
- la course aux clins d'œil & références meta:
Dune, Tome Cruise, Jason Momoa, Mad Max, Drive, Fast & Furious, Johnny Depp x Amber, ComicCon...
vient lourdement nous rappeler qu'on fait davantage face à un produit, conçu sur mesure pour séduire une certaine audience, qu'à un film capable d'exister par lui-même.
Au final, The Fall Guy donne l'impression d'une occasion manquée : avec une écriture d'intrigue et de personnages un peu plus soignée, le film aurait pu s'imposer comme un bonbon pop bien calibré, porté par un duo d'acteurs principaux attachants. Au lieu de ça, il retombe dans les travers habituels des blockbusters bas du front actuels... dommage, c'était presque bien.