Flint, ancienne ville de la grande époque automobile devenue une des villes américaine avec le plus haut de pauvreté et de criminalité. Mickael Moore avait réalisé un documentaire très fort sur cet ancien fief du capitalisme industriel. Grandir dans cette ville est en sortir par le haut nécessite forcément un caractère hors du commun et un coup de main du destin. C'est ce que raconte "The Fire inside", à travers les débuts de carrière de Claressa T-Rex Shields en boxe anglaise. Le nom ne vous dit peut-être rien, mais cet athlète a remporté la médaille d'or aux J.O de 2012 à Londres. Ce film de Rachel Morrison, directrice de photographie sur de nombreux films, et réalisatrice de séries, s'inscrit dans une longue lignée de films sur le sujet. Il y a toujours un parcours compliqué, des plaies, des heurts, mais à la fin, la victoire est au bout. Parfois elle n'est que personnelle, comme dans Rocky puisqu'il perd son combat, mais elle est toujours puissante. Il faut avoir craché ses tripes sur un objectif pour comprendre...
Si ce film reprend donc les poncifs du genre, il apporte aussi un éclairage sur la vie hors du ring. La croyance du coach en son poulain, le "couple" qu'ils forment avec ses hauts et ses bas, ses victoires et ses déceptions ; mais le regard se porte aussi sur la misogynie du milieu sportif, sur les différences de traitement entre athlètes masculins et féminins. Car une médaille d'or ne suffit pas à emballer les sponsors, et encore moins dans un sport où les femmes doivent se battre (sic) pour exister.
Si le film n'a pas le souffle épique d'un "Rocky" (mais les combats sont plus crédibles !), ou d'un "Million dollar baby", on en est pas moins pris par l'action. Ryan Destiny s'en sort très bien dans ce rôle très physique et très tendu émotionnellement. Elle est la rage intérieure qui ronge T-Rex, elle est une boxeuse sur le ring, bref, elle n'a rien à envier à Hilary Swank. Quant à Brian Tyree Henry, il incarne brillamment Jason Crutchfield, l'entraineur de Claressa sur lequel le film porte aussi toute son attention. L'homme de l'ombre, l'homme du coin, entraineur bénévole (qui l'est encore), tout aussi sportif que militant.
"The Fire inside", "Championne" en français, est un bon biopic, qui, s'il manque peut-être un peu d'inspiration, colle parfaitement à la réalité.