Il y a des films qui cherchent à capter l’essence d’un moment universel — la fameuse "première fois", entre timidité, maladresse et intensité adolescente. The First Time, réalisé par Jon Kasdan, s’inscrit clairement dans cette ambition. Malheureusement, à force de vouloir être doux, tendre et profond, il finit surtout par être tiède, verbeux et oubliable.
Le cœur du film repose sur les longues conversations entre les deux protagonistes, Dave (Dylan O’Brien) et Aubrey (Britt Robertson). L’idée d’un film centré sur la parole, l’échange, la connexion progressive entre deux jeunes paumés, est séduisante sur le papier. Mais à l’écran, l’effet est plutôt soporifique. Les dialogues, censés être vifs, intimes ou révélateurs, finissent par ressembler à des dissertations sur l’amour écrites par un ado trop lucide. Ce n’est pas tant que c’est mal écrit, c’est surtout que ça sonne souvent faux ou forcé.
Kasdan semble vouloir éviter tous les pièges du teen movie classique : pas de clichés trash, pas de méchants caricaturaux, pas de blagues grasses. Mais cette posture "anti-cliché" finit par devenir un cliché en soi. À force de vouloir être subtil, le film oublie d’être vivant. Tout est sous-joué, sous-entendu, sous-éclairé. Résultat : on ne s’attache ni aux personnages, ni à leurs angoisses. On les regarde parler, encore et encore, sans que quelque chose ne vibre vraiment.
Visuellement, le film ne propose pas grand-chose. Plans classiques, lumières fades, peu d’idées de mise en scène. On aurait pu pardonner ça si l’intensité émotionnelle avait été au rendez-vous. Mais non. L’histoire se déroule sans surprise, sans tension, sans réel enjeu dramatique. Même la fameuse "première fois" est filmée avec une telle neutralité qu’elle perd toute portée émotionnelle.
Soyons honnêtes : The First Time n’est pas un mauvais film au sens strict. Il ne fait rien de catastrophique, mais c’est précisément son problème. Il ne tente rien. Il préfère rester dans une zone de confort narrative qui finit par devenir ennuyeuse. Oui, c’est un film sincère. Mais la sincérité sans intensité, sans regard singulier, ça donne une œuvre molle, qui se regarde poliment… puis s’oublie aussitôt.
En résumé, The First Time donne l’impression d’un film qui veut dire des choses intelligentes sur l’adolescence, sans jamais vraiment y parvenir. Il manque de chair, de tension, d’originalité. Un projet plein de bonnes intentions, certes, mais qui s’égare dans son propre bavardage.
Note personnelle : 5.5/10. Une chronique adolescente fade, qui passe à côté de son sujet faute d’audace et de profondeur.