Inégal, The French Dispatch offre de beaux moments de cinéma dans sa première partie, marquée par les compositions d'Adrian Brody et Benicio Del Toro. Alors que le premier vole chaque scène ou il apparait, le second apporte un détachement et une force tranquille qui sied parfaitement à l'univers Wes Andersonien.
Ils sont rejoints par une kyrielle de stars au diapason, dont une belle pelletée de frenchies. On finit d'ailleurs, pour tromper l'ennui, par guetter leurs apparitions - parfois franchement fugaces - dans une dernière partie un peu longuette. C'est pas de bol pour Benjamin Lavernhe, qu'on a le temps de repérer à la fois parce qu'on trouve un peu le temps long et parce qu'un seul plan suffit à l'identifier. (Un seul plan, c'est pourtant tout ce qu'il reste de lui au montage).
Reste une comédie qui a le mérite de parler ouvertement de journalisme et des journalistes, avec juste ce qu'il faut de sobriété et d'empathie. Sans leur faire porter le mauvais rôle, The French Dispatch interroge avec pertinence la place des reporters, tout en rappelant d'abord que l'histoire ne les attend pas pour s'écrire, justement.