Nelson Foix transforme son court-métrage Timoun aw (2019) en un premier film maitrisé, au rendu à la fois poisseux et lumineux. Une oeuvre qui propose une vision sans filtre de la Guadeloupe, entre deals, coupures d'eau, émeutes et charges de police.
La réalité sociale de l'île exclue toute notion de carte postale : de la mer, il ne sera jamais question, hormis dans un plan large au milieu du film. C'est que l'urgence est ailleurs. Le personnage principal, traqué, tente d'échapper à ses poursuivants comme on cherche à sortir d'une spirale autodestructrice. C'est l'arrivée brutale d'un bébé dans sa vie qui, paradoxalement, lui offrira une chance de changer de trajectoire. Le scénario, sur ce plan, se révèle sans grande surprise mais offrira aux spectateurs quelques moments d'émotion.
Reste un premier film d'une grande sincérité, respectueux de son île, de son récit, de ses personnages. On attend désormais la suite des aventures de Nelson Foix.