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L'anniversaire.
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Nicholas Von Orton (Michael Douglas), riche homme d’affaires, reçoit pour son anniversaire un étrange cadeau que lui offre son frère Conrad (Sean Penn). C’est un jeu. Mais un jeu qui semble rapidement aussi réel que dangereux, dépourvu de règles et d’objectif précis : des conspirateurs inconnus font bientôt voler en éclats la vie du millionnaire.
La Consumer Recreation Service organise en effet un jeu grandeur nature au sein duquel tout devient simulacre destiné à emmener le client, en l’occurrence Nicholas au bout d’une drôle de partie – qui n’est pour lui que le prolongement de son quotidien – à laquelle son frère l’a convié, pour son anniversaire, l’obligeant à affronter son égoïsme, son apathie.
« N’oublie pas d’appeler » lui dit-il d’abord, sans trop le forcer. « Il fallait que j’intervienne, tu devenais de plus en plus con » lâchera-t-il au moment du lever de rideau final.
Entre temps, Nicholas aura été piégé et dépouillé, embarqué dans un grand huit vertigineux, un cauchemar sans fin. Paradoxalement celui de sa renaissance. Mais la dimension perverse de l’entreprise est telle que cette gigantesque conspiration dont il est la victime, l’envoie aussi bien dans la baie de San Francisco qu’à la frontière mexicaine, avant de littéralement le pousser au suicide.
A l’instar du tueur de Seven, la CRS et sa supercherie beaucoup trop réelle se loge dans chaque recoin du film et devient une entité invisible, diabolique, qui contamine aussi bien l’environnement de Nicholas que la mise en scène de Fincher. Un dédale nocturne fou : The game est aussi un beau film sur la puissance de la nuit.
Le crescendo fonctionne plutôt bien au préalable, avant de s’assoupir, puis de reprendre dans son feu d’artifice final. On est peut-être trop dans le film de scénario. Moins dans celui d’une mise en scène, un peu à l’instar de Panic room, réalisé quelques années plus tard.
C’est un Fincher (ils sont rares) que je n’avais jamais revu. En grand partie parce que je ne l’avais pas aimé du tout à l’époque. En fait, c’est un film passionnant, anxiogène, sans doute son film le plus théorique, avec The killer, je dirais.
La dimension méta va loin dans The game, dans la mesure où Nicholas Von Orton est aussi un moyen de projeter et évacuer ses névroses existentielles pour Fincher, lui qui sort simultanément d’un divorce douloureux et de l’échec cinglant d’Alien3.
C’est aussi sa grande limite, d’autant plus quand on connait l’issue, puisque le récit fonctionne si l’on y croit. Or on y croit peu, soit parce que l’exercice de style va beaucoup trop loin (dans le fond) soit pas assez (dans la forme). Mais je suis content de l’avoir revu.
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