Robert Altman réalise un polar intéressant et soigné, bien sous tous rapports en somme, mais un polar qui ressemble à beaucoup de ses homologues contemporains. "The Gingerbread Man" fait partie de ces thrillers "malins" qui essaiment dans le cinéma américain des années 90 et dont les intrigues, en apparence simple, dévoilent progressivement, au préjudice du héros, une malicieuse machination.
La forme nonchalante, du moins sans éclat, de la mise en scène semble déjà insinuer que le sens de l'action cache d'autres mobiles. Altman, d'ailleurs, ne prétend sans doute pas nous abuser et cultive l'équivoque. Mais ce procédé qui consiste à nous faire deviner la duplicité ou l'insincérité d'une poignée de protagonistes se retourne un peu contre le film. Car c'est alors une part du suspense qui s'effiloche, à tel point que la résolution de l'intrigue est presque entièrement prévisible.
L'histoire, donc, concerne un avocat de renom qui, par charité -ou peut-être par gratitude...- entreprend de défendre une jeune femme harcelée par son père. Leçon en perspective pour la vedette du barreau, un peu trop sûre d'elle pour ne pas dire arrogante.
Un film classique, et même académique pour un film de Robert Altman, qui reste toutefois un bon divertissement.