Alors. C'est pas foufou hein.
Pourtant l'exposition, quoique sans originalité, était plutôt propre et maîtrisée, tant par les acteur.ices que par le réal.
Puis vient l'introduction du lieu (The Gorge donc), pour le coup vraiment réussie. A vrai dire, elle donne même le sentiment que le réalisateur a fait le film avec ces plans-là en tête. Sauf que bah... passé ce cap ça se complique.
Pour la première partie, passe encore, on entre dans une rom-com maladroite mais assez originale de par son cadre, ses contraintes, et le profil des amants.
Et bien qu'elle souffre d'un manque d'imagination certain des dialoguistes, cette partie reste agréable, notamment du fait d'Anya Taylor-Joy qui est littéralement captivante. Malheureusement tout ceci est trop vite expédié et l'on est rendus à la moitié du film quand l'affaire est bouclée par un flou suggestif, et pour le moins à propos au vu de ce qui va suivre.
Car nous voilà dans l'autre film à l'intérieur du film : le film d'action de plateforme...
(=pew pew + monde embrumé et végétation flippante + société paramilitaire top secrète 100% immorale)
En bref, ça glisse franchement dans le nanard : temporalité peu cohérente, enjeux narratifs Kinder (ils sortent de nulle part et fondent très vite) et tropes surannés d'action-movie qui s'enchaînent frénétiquement, visuellement peu inspirés dans leur réalisation, et effaçant au passage la crédibilité qu'avaient donné les les acteurs à leurs personnages dans la première demi-heure.
En résumé, le film sur sa première moitié parvient, sans génie, à nous garder attentif en proposant de beaux plans, une certaine tension scénaristique et des personnages bien incarnés faute d'être bien écrits. Puis il s'effondre totalement et finit par se rouler dans la fange à l'image de ses héros au cours d'une deuxième heure sans saveur, esthétiquement ratée, scénaristiquement indigeste et inconsistante à la foid (belle perf), et avec des acteurs qui auraient pu laisser la place à leur doublure cascade tant cette deuxième heure les sous-exploite.
Reste le male gaze foudroyant, et dramatiquement efficace puisque j'ai passé le film à me répéter qu'Anya Taylor-Joy était décidément d'une beauté indécente.