Dans un souci de comprendre les références de ma compagne qui me cite fréquemment The Holiday comme un plaisir coupable, j’ai décidé de lui donner sa chance. Après tout, je suis un grand romantique au sein duquel bat un petit cœur tendre qui ne demande qu’à être mu par de belles histoires qui sentent bon le chocolat chaud et la guimauve (allégée en sucre tant qu’à faire). Et puis de mémoire, j’aime bien le What Women Want de Nancy Meyers, sur simple base de son concept.
Ici le concept est plus simple, une banale histoire d’échange de domicile pour les vacances de Noël qui s’accompagne de rencontres forcément amoureuses, mais dont l’initiation permet immédiatement de dater le film sur la seconde partie des années 2000 : tout le processus de réservation se fait via la technologie de l’époque : un chat dans son plus simple apparat, des sites web pré-2.0 et dépourvus de pubs en tous sens, et des sms que l’on filme à même l’écran des portables en prenant bien le temps de les lire à voix haute. Il n’y a pas tromperie sur la marchandise, on est bien sur une rom-com de 2006.
D’autant plus que l’on use des archétypes les plus génériques pour les personnages, des clichés les plus évidents sur la vie de jeune adulte, l’Angleterre et L.A., et des tropes les plus classiques du genre. Et pourtant, ça fonctionne plutôt bien grâce au casting cinq étoiles dont le charme opère dans une rythmique cosy. Sauf Jack Black, gênant pour d’autres raisons que d’habitude dans son forcing maladroit que l’on n’achète pas. Une tare rattrapée par la présence du malheureusement trop rare Eli Wallach dans le second rôle d’un vieux scénariste bienveillant qui permet au film d’aborder pas mal d’angles métas sur le cinéma, la rom-com et ses codes (parce qu’un film qui parle de film, c’est toujours bien vu à Hollywood).
Alors certes, ça traine un peu en longueur, mais The Holiday, grâce à son classicisme et ses acteurs, est un bon représentant du genre, réconfortant, que l’on s’imagine aisément relancer autour des fêtes au coin d’un feu de cheminée dans un esprit purement insouciant. Un plaisir coupable en somme…