Ne vous attendez pas à quelque chose d'extraordinaire. Ma note est surtout le reflet de ma fascination pour la forêt, merveilleux décor naturellement anxiogène de jour comme de nuit. La phobie de se perdre revient très régulièrement dans mes cauchemars, alors la forêt est un lieu qui me met très facilement mal à l'aise. Un truc dont je serais incapable, c'est de faire comme le héros de ce film : partir camper seul dans une forêt sauvage, loin de toute civilisation.
"The Interior" ne raconte pas grand-chose d'autre. James se sent patraque (il a les mains qui tremblent) et est mal au boulot. Alors, Il quitte tout - patron et copine - et part avec sa petite tente-igloo et son mini-réchaud. Il pique une petite glacière et une lampe dans une maison et s'enfonce dans la forêt. Il monte et démonte sa tente, lit, mange et fait caca. Comme il entend des bruits la nuit, il sort et éclaire longuement les alentours avec sa lampe mais ne voit rien. Mais une nuit, il voit quelque chose, ou plutôt quelqu'un qui rôde sans bruit autour de sa tente. Il oublie son réchaud, retourne le chercher et le retrouve allumé. Sa glacière, suspendue en hauteur, se balance, sans qu'il y ait le moindre vent. Quelque chose ou quelqu'un appuie sur la toile de sa tente pendant qu'il dort. James commence à flipper et à voir des trucs et des gens bizarres partout. Bref, la mise au vert se transforme en cauchemar.
Ne vous attendez tout de même pas à la peur du siècle. Il y a quelque petits effets efficaces, comme la toile de tente qui s'enfonce progressivement ou les brèves "apparitions" muettes d'hommes étranges. En revanche, pas de jump scares.
Je ne sais pas trop ce que le réalisateur a voulu faire. On n'est pas dans un film d'horreur, ni dans une comédie et encore moins dans un drame psychologique. C'est un peu tout ça à la fois. Le héros vit un drame existentiel, mais sa bonne bouille de je-m'en-foutiste et l'humour toujours présent nous empêchent de nous apitoyer sur son sort. Il n'est ni franchement sympathique ni antipathique, mais j'ai étonnamment suivi les "aventures" de ce pied nickelé forestier sans m'ennuyer pour autant. La courte durée du film aide un peu aussi... La fin est à l'image du film : énigmatique.
J'ai rarement vu une forêt aussi bien filmée la nuit. La plupart du temps, c'est trop éclairé pour foutre a trouille. Ici, la forêt est réellement éclairée par une lampe torche uniquement et l'effet anxiogène est puissant. Ça m'a rappelé "Le Projet Blair Witch" pour les sensations.
La bande-son mérite qu'on s'y arrête, car elle est (presque) entièrement composée de morceaux de Chopin. Les fans apprécieront l'association entre cette sublime musique et le magnifique décor sylvestre.