Au rythme des parutions de la collection HK de l’éditeur Métropolitain, je découvre aujourd’hui The Killer de John Woo.
Melodramatique, opératique, hyper violent. The Killer pourrait paraître ridicule pour certains spectateurs alors tentés de rire face à tant d’excès. Mais lorsqu’on regarde ce film dans les yeux, et que l’on découvre soudain, dans l’éclat de cette mise en scène outrancière, l’idée dans toute son intense beauté, alors chaque plan devient une fête. Une occasion de célébrer la vitalité et l’audace d’un maître de l’action.
Les fusillades, le déplacement des corps ; tout est chorégraphié, justifié, comme dans un ballet, dans la grande tradition du cinéma hongkongais où tout est une question d’impact visuel. Six semaines de tournage ont par exemple été nécessaires pour mettre en boîte la séquence finale dans l’église. Rien ne semble être laissé au hasard. Pourtant, les images, comme les humeurs traversant le film, jaillissent spontanément à l’écran. Le mélange est curieux, mystérieux même.
C’est ce qui fait de The Killer un film d’action à fleur de peau. Mais aussi une furieuse tragédie antique, un sanglant drame shakespearien avec des flingues.