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le 19 août 2010
SuivreCritique de The Killer Inside Me par CoyoteCrafty
ou l'histoire d'un mec qui aimait beaucoup trop donner des fessées pour être honnête...
Je ne sais toujours pas quoi penser de ce film, donc je laisse mon 6. Il n'est pas agréable à regarder, l'histoire est confuse, mais c'est comme si Winterbottom s'en foutait, fasciné qu'il est par son acteur principal. Et je le comprends ô combien ! J'ai rarement vu une caméra aussi fascinée par un visage, scrutant inlassablement son regard froid et transparent comme pour essayer de comprendre ce qui se cache derrière. Mais il n'y a rien à comprendre derrière ce joli visage lisse. Lou Ford est un abîme insondable, une aberration qui ne livrera aucun de ses secrets.
On a tellement été habitué à voir toujours le même genre de psychopathe qu'on se sent très décontenancé et mal à l'aise devant Lou Ford. Car Lou est un tueur très inhabituel. Il ne correspond absolument pas aux psychopathes classiques qui prennent leur pied en tuant ou torturant. On ne le voit jamais prendre du plaisir à tuer. Quand il cogne Kate Hudson, il remonte sa jupe sur son visage pour ne pas le voir. On a presque l'impression que tuer est un travail à accomplir. Il tue uniquement par nécessité et jamais par plaisir. Ça ne l'excite pas et ça ne l'émeut pas non plus. Il ne ressent rien.
C'est cette absence totale d'émotion pendant et après ses crimes qui dérange. Lou Ford reste insaisissable jusqu'au bout et c'est très inconfortable pour le spectateur. On n'aura aucune explication sur les origines de son absence d'empathie. Les jeux pervers que lui imposait sa mère quand il était enfant peuvent expliquer son attirance pour la sexualité sadomasochiste, mais pas ses meurtres de sang froid. En revanche, un bref souvenir nous indique que le garçon est un pervers dangereux depuis l'enfance. On n'aura pas d'autres explications.
Ce shérif adjoint au visage enfantin et au regard de faux jeton se retrouve pris dans un engrenage de meurtres avec pour point de départ une vengeance contre un notable du patelin qui serait responsable de la mort de son frère. Après les premiers meurtres, il est obligé de continuer à tuer pour ne pas être démasqué.
L'intrigue est très confuse et pas passionnante, mais l'intérêt est ailleurs. Il est dans le comportement et les réactions imprévisibles de Lou qui se débarrasse des gens sans la moindre émotion, comme il se débarrasserait d'un caillou dans sa chaussure. C'est le contraste entre l'horreur des visages tabassés de ses victimes et l'application, la concentration qu'on lit sur le visage de Lou pendant qu'il frappe qui intéresse Winterbottom - et nous. J'avoue que je me fous un peu de l'intrigue, de ses incohérences ou du manque de crédibilité.
La performance de Casey Affleck est impressionnante. Il est le Mal, mais sans l'attirail diabolique, le regard dément, le sourire démoniaque d'Anthony Hopkins ou Jack Nicholson. Visage de porcelaine impassible, regard bleu gris, sourire timide, voix étouffée, silhouette frêle, il est banal, indéchiffrable, opaque et transparent. Il vit seul dans l'immense maison familiale. On ne le voit que faire l'amour ou tuer. Sa disparition finale spectaculaire ressemble à un départ pour l'Enfer mais là encore, ça ne semble pas l'affecter, comme si cet homme vide n'avait finalement jamais existé. Lou n'est pas un démon, mais un mystère pour les autres et surtout pour lui-même.
Le film n'est pas agréable à regarder; on ne peut pas prendre plaisir à regarder un visage tabassé - féminin ou masculin. Mais Casey Affleck réussit indéniablement à créer un tueur inédit que lui seul pouvait incarner. A chaque fois que je le vois, j'ai envie de chanter "I'm a creep, I'm a weirdo", tellement il excelle en anti-héros sournois séduisant et inquiétant. Son Bob Ford dans L'Assassinat de Jesse James par le Lâche Robert Ford, mélange subtil de fourberie et de naïveté, reste sa meilleure interprétation à ce jour.
Avec son petit gabarit, son air de-ne-pas-y-toucher et sa voix d'ado prépubère, Casey bouffe l'écran. Quant au reste du casting, il en fait du petit bois. Sincèrement, sans lui, le film ne vaudrait (presque) pas tripette.
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Créée
le 6 août 2026
Critique lue 8 fois
7
le 19 août 2010
Suivreou l'histoire d'un mec qui aimait beaucoup trop donner des fessées pour être honnête...
3
le 16 août 2010
SuivreThe Killer Inside Me, c'est 2h de violence, de boxe sur des femmes, de traumatismes d'enfant refoulé, de suspicion, de.... vide. Bien caché devant le gentil sourire de Casey Affleck. En fait, on voit...
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le 15 août 2010
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