Les dessous impitoyables du monde criminel de New York sont examinés de façon explicite dans King of New York, film d’Abel Ferrara avec Christopher Walken en tête d’affiche. A sa sortie de prison, le parrain Frank White est déterminé à retrouver sa place dans le monde souterrain new-yorkais et ne perd pas une seconde pour remettre la machine en route. Parmi ses obstacles on trouvera King Tito (Ernest Abuba) et Larry Wong (Joey Chin), parrains d’organisations rivales, ainsi que le détective Roy Bishop (Victor Argo) et Dennis Gilley, un policier irlandais incarné par David Caruso qui pense pouvoir mettre fin au crime dans la ville à lui seul.


Bien que cogneur voire excessivement violent, le film de Ferrara n’a pas ce réalisme cru qu’on retrouve par exemple dans les films de Scorsese Mean Streets ou Taxi Driver, mais il a toutefois un impact certain à travers ce déchainement et cette agressivité de ses personnages et la performance subtile et souvent sous-estimée de Christopher Walken en tant que Frank White, menace permanente planant au-dessus de la tête de chacun. On sent que le film et les personnages transpirent la nervosité et sont en permanence à la limite à l’exception de White dont le calme est d’autant plus troublant. Son air froid, sans âme, le rapproche presque de l’incarnation de La Mort. Le contraste entre son sang-froid et l’extrême violence qui l’entoure et dont lui-même sait faire usage souligne plus encore sa mainmise sur les opérations. Performance majuscule de Walken, donc.


Concernant le reste du casting, on soulignera la bonne prestation de Laurence Fishburne en tant que Jump, l’homme de main de Frank White et pourtant parfaite antithèse de celui-ci dans son comportement. On retiendra également la présence de Wesley Snipes et un rôle étrangement mineur pour Steve Buscemi.


Le film de Ferrara est donc nerveux, rapide et impitoyable. Si la performance de Walken vaut le détour, on regrette quand même que le long-métrage n’ait pas ce côté davantage réaliste qu’ont d’autres du même genre et qui l’aurait fait entrer dans une autre dimension. La mise en scène blindée de filtres bleus a également pris un coup de vieux et marque son époque.


Intéressant bien qu’un peu too much.

Créée

le 9 févr. 2016

Critique lue 539 fois

Jake Elwood

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