Dans la catégorie des gestations douloureuses, ce film de Sean McNamara peut s’enorgueillir d'un impressionnant délai de 8 ans (!) entre son tournage en 2014, et sa sortie en 2022. En cause, du travail supplémentaire sur les effets visuels qui retarda la post-production, puis d'obscures tractations autour de la distribution.
Ceci dit, je peux comprendre que personne ne se soit empressé de sortir ce machin, car ce n'est guère brillant. Je ne fais pas partie de ceux qui s'offusquent de l'aspect fantaisie, car les premières minutes affichent la couleur. On nous parle de Louis XIV qui veut trouver l'Atlantide pour capturer une sirène, et acquérir l'immortalité. Rien que ça !
Ainsi, les costumes seront ostensiblement fantasques, sans aucune proximité avec la réalité historique. A la rigueur pourquoi pas, cela permet de jouer à fond la carte du conte.
Néanmoins tout ceci est mené sans grande subtilité. Entre des méchants repérables à 3 kilomètres (faciles, ils portent tous du mascara !). Un scénario qui peine à amener des enjeux. Des CGI très présents et plutôt moches. Et des acteurs pas inspirés.
Outre Pablo Schreiber qui en fait des caisses, ou Benjamin Walker en version discount de Karl Urban, j'ai eu du mal au début avec Pierce Brosnan en Louis XIV (!). Mais au fur et à mesure que le film avance, sa prestation d'un roi égoïste donne peu à peu le change. A noter qu'il ne s'essaie pas à parler français, comme il avait pu le faire douloureusement dans "Nomads" des années plus tôt...
Par contre il faut souligner que "The King's Daughter" a été tourné à Versailles. Ce qui apporte un cachet certain à de nombreuses scènes (extérieurs, galerie des glaces, jardins...). Néanmoins, là encore, n'espérez aucun réalisme, le dernier acte part totalement en sucette, puisque notre héroïne met environ quinze minutes à cheval pour aller de Versailles à la côte de la Manche !
A l'arrivée, il s'agit d'un conte fantastique avec un parti pris assumé, mais qui reste fade et sans grand intérêt.