The Last Dance
6.8
The Last Dance

Film de Jûzô Itami (1993)

où vous aurez le privilège de côtoyer ceux qui ont sur vous pouvoir de vie et de mort



un film à ne pas rater si vous aimez les diagnostics vitaux dissimulés, l’acharnement thérapeutique, et les chirurgiens qui fument à la chaîne devant des radios de cancers



Je peux difficilement imaginer lieu de pouvoir plus pervers que la médecine. Une autorité monopolise l’ultime décision sur votre vie, et elle ne rendra aucun compte.

Au moins, la logique était franche et directe jusqu’au XXe siècle : on n’attendait du patient que la confiance aveugle. Un délire comme le « choix libre et informé » n’était pas encore la politique officielle. Le médecin estimait que savoir est pouvoir – ah non pardon, l’ignorance c’est l’espoir.

Probablement au nom d’un effet placebo, les médecins préféraient ne pas informer les patients de la gravité de leur état. L’espoir permettrait supposément d’épargner des mois de souffrance morale et de prolonger des mois de souffrance physique, à des patients en « phase terminale ». Et de tester des trucs ! (1)

Le personnage principal de ce film comprend donc assez vite que son « médecin traitant » lui ment, et qu’il a même sollicité la complicité de son épouse (une fin de mariage réussie reposant sur le mensonge). Il rencontre à l’hôpital un autre homme à un stade un peu plus avancé que lui, qui lui montre ce qui l’attend s’il ne se barre pas avant la fin : devenir un mourant encore conscient qui n’a plus la force de se suicider ni d’en exprimer le souhait (« baillonné » par des tuyaux), enfermé dans son corps de souffrance.

A moins d’être aveugle ou hypocrite, on doit reconnaître que la pratique médicale partage avec l’armée et la police le monopole de la violence légale. Le degré de violence de certains actes implique leur pratique dans le milieu ultra-contrôlé de l’hôpital. Les corps subissent toutes les infractions imaginables, voies d’accès de toutes les intrusions bactériennes et virales, et sources d’innombrables « complications » potentielles (l’hôpital, lieu idéal pour se choper une chtouille).

On comprend pourquoi « la science » requiert la « foi » de qui en devient l’objet.

En vérité, la situation est pire. Il s’agit d’un chantage à notre propre vie : « soit vos acceptez nos termes, soit vous pouvez crever ». Et ça, c’est dans la situation où l’on a encore le pouvoir de fuir.

J’ai observé les manières des médecins généralistes. Combien m’ont congédié simplement parce que je les mettais face à leurs insuffisances ? Celui auquel je rappelais son erreur de diagnostic passée – laquelle témoignait déjà d’un mépris de classe caractérisé, puisque le crétin avait pris ma varicelle pour des piqûres d’insectes (bien avant la vague des punaises de lit).

L’autre m’apprenait que je ne pouvais pas avoir d’inflammation des amygdales (déjà, il était le premier à en parler), puisqu’on me les avait retirées (ah ah), et me conseillait d’aller voir un psy – connard imbu de sa personne ( trois jours après, mes amygdales étaient assez enflées pour qu’un autre médecin et moi les voyions facilement - in fine, j’attribuai ça à la poudre détergente que j’avais mise au fond de la poubelle de la cuisine - mauvaise idée).

Alors imaginez le degré de mégalomanie, de mauvaise foi et de manipulation au sein du noble ordre des bouchers-charcutiers d’hôpital.

La conclusion à tirer de mon expérience personnelle et de celles glanées dans mon entourage, est que si l’on reste captif d’un « médecin traitant » comme le voudraient les institutions, on se soumet au risque d’erreurs de diagnostic et de traitement qui peuvent durer des décennies (en fait, elles durent aussi longtemps qu’on n’a pas rencontré un autre médecin)(s’il est compétent).

Paradoxalement, les mêmes qui sont les chantres de la science, réclament de nous une FOI aveugle en ses « tenants » (je ne vais pas défendre les « médecines alternatives », je n’y connais rien - je ne les attaquerai donc pas non plus).

Contrairement à ce que voudraient nous faire croire les propagandistes, on a tous un biais, « scientifiques » compris. On pratique tous le « cherry picking », privilégiant les données qui confirment nos a priori (et c’est la confrontation aux opinions des autres qui tranche – parfois – la question). Quand ils reposent sur l’expérience de toute une vie dans sa propre peau, ils méritent qu’on leur accorde un certain poids – en regard par exemple d’un rapide questionnaire standard complètement à côté de la plaque (ça j’y ai eu droit une fois – si j’avais répondu à ce questionnaire par écrit, j’aurais eu le loisir de démonter point par point l’inanité de toutes ses questions, hélas je n’ai eu le temps ni de réagir, ni de mesurer la profondeur de la débilité de mon interlocuteur « spécialiste » - j’en ai rencontré un autre des mois plus tard, ce qui serait une nouvelle erreur – et il faudrait que je réagisse après des mois de traitement qui n’ont fait qu’aggraver mes maux, soit un an de recherches en tout, pour que je trouve un médecin compétent – au troisième essai)(tout ça pour un truc que je traînais depuis des décennies mais que le premier consulté n’avait pas détecté alors que je lui avais indiqué – quelle surprise, heureusement que contrairement aux autres, je ne souffrais pas d’une maladie grave).

Depuis que l’accès à l’information s’est en partie « démocratisé » , les propagandistes traditionnels ont progressivement pris la mesure de leur perte de pouvoir, et leur réaction a consisté à adresser des reproches aux destinataires réticents de leur discours officiel.

Mais in fine, à moins de complaisamment gober toutes les idéologies qui se succèdent dans les media, chacun se fait sa propre opinion en se basant sur son expérience, confrontée aux explications plus ou moins convaincantes trouvées ailleurs.

Le sutra de l’amour (que le metteur en scène joué dans le film inclut dans son film sur un metteur en scène en fin de vie)

https://www.youtube.com/watch?v=CvkSdBp1mnM&list=RDCvkSdBp1mnM&start_radio=1

Une ode au stade terminal serein sous morphine, pour un personnage de metteur en scène hédoniste qui drague les infirmières jusqu’au seuil de la mort. Juzo mon beau, toi aussi tu avais une gentille amante pour te rassurer sur ton pouvoir de séduction – heu pardon, fornication médicalement assistée?

Le film reste d’une grande amabilité avec la caste médicale.

Peut-être le japon n’est-il pas accablé par ce numerus clausus arbitraire qui limite le nombre de diplômés et crée une pénurie structurelle, incitant à importer des médecins (de pays où ils sont certainement en surnombre et où l’on n’a pas besoin d’eux), qui induit le manque de sommeil des internes surchargés, et forcément les erreurs, et aboutit au besoin de se couvrir les uns les autres (sans compter les dessous de table auxquels certains clients recourent pour passer devant les autres).

On reconnait incidemment le modèle mafieux du pacte du silence qui lie la petite caste de notables du « soin » par ailleurs si portés sur les candidatures politiques : une fois que tu as commis une erreur et que tu as nécessité la protection de tes pairs , tu deviens un partenaire sûr et silencieux :)

(1) et pourquoi pas faire des paris ? (ah c'est déjà ce que font les fabricants)

ChatonMarmot
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le 7 mai 2026

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ChatonMarmot

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