Je ne connaissais pas la nouvelle éponyme de Stephen King, le recueil "Si ça saigne" faisant partie de ses livres que je n'ai pas lu, je n'ai pas regardé la bande-annonce ni lu de synopsis, je voulais faire confiance à la critique plutôt unanime mais surtout à l'auteur d'une part et puis à Mike Flanagan dont j'apprécie énormément le travail !
Je n'ai en effet jamais été déçu par les travaux du réalisateur qui s'est d'ailleurs spécialisé dans l'adaptation de King depuis "Jessie" sur Netflix. Tout ce que je savais en tout cas, c'est que ce n'était pas un film d'horreur, ce dont on pourrait pourtant directement penser avec ces deux artistes. Et effectivement puisque, comme le titre l'indique, nous suivons "la vie de Chuck" à travers trois chapitres dont les deux premiers sont d'ailleurs particulièrement intriguant.
Intriguant en effet puisque l'on n'y comprend pas grand-chose ! Dans le premier, on nous parle d'une fin du monde (avec quelques détails sur Chuck mais tout est très flou) et puis dans le second, on s'intéresse à moment T de la vie de Chuck, sans nous en dire vraiment plus non plus.
Néanmoins, ce n'est pas dérangeant car c'est typiquement le genre de film par lequel on peut complètement se laisser porter sans le comprendre. Une aura mystérieuse entoure tout ça dont nous aurons les réponses dans le troisième chapitre qui est en réalité le premier. Mais même le début de ce chapitre semble complètement onirique ; en réalité ce n'est pas la vie de Chuck qui est spécialement importante (puisque très banale finalement) mais plutôt de quelle manière le film la met en scène. Alors je ne sais pas comment King a fait pour rendre tout ça intéressant dans le bouquin (peut-être que le premier chapitre - le troisième - était plus développé) mais le film est en tout cas visuellement très intéressant !
On retrouve d'ailleurs plusieurs des thèmes phares du réalisateur, comme le rapport jeunes/vieux, les fantômes qui hantent les personnages, des pouvoirs ou en tout cas des dons pas vraiment explicites, un rapport particulier à la religion, l'alcoolisme et puis bien-sûr la première partie dans sa globalité avec cette ambiance très particulière de fin du monde, sans oublier la chambre dans le grenier (là, on est sur du pur King).
C'est en effet la partie qui donne le plus froid dans le dos, notamment grâce à l'écriture mais surtout encore une fois à la mise en scène. Sans ne jamais tomber dans les écueils du genre, le réalisateur parvient à faire frissonner uniquement avec une ambiance particulièrement bien construite ! Et puis nous avons en plus de ça toutes les scènes de danses, elles aussi, particulièrement bien filmées et surtout très bien introduites dans l'intrigue.
On pourra simplement souligner quelques longueurs et puis une voix off qui peut vite devenir fatigante.
Bref, "Life of Chuck" est donc une nouvelle réussite de Flanagan qui parvient à nous effrayer autant qu'il nous émerveille.