Life of Chuck, réalisé par Mike Flanagan, est une adaptation du récit atypique de Stephen King qui délaisse l’horreur frontale pour une méditation existentielle sur une vie ordinaire traversant l’apocalypse, l’enfance et l’acceptation de la fin.
Je trouve le projet intéressant dans sa manière d’embrasser des thématiques vastes — la mort, la famille, l’absurde, le temps qui passe — tout en restant ancré dans l’intime. Fidèle à son auteur, Mike Flanagan parvient à faire cohabiter le cosmique et le quotidien, passant d’une Californie au bord de l’effondrement à la jeunesse de Chuck, ou à une simple journée de sa vie adulte. Les scènes de danse, centrales dans les deux derniers chapitres, sont réussies : pas trop démonstratives ou pesantes, elles s’intègrent naturellement au récit et deviennent de véritables moments de grâce.
Le casting renforce cette émotion diffuse, notamment dans le dernier segment, où un Mark Hamill, méconnaissable, apporte une profondeur inattendue, et où les jeunes interprètes de Chuck laissent entrevoir un vrai potentiel.
Je reste toutefois un peu plus réservé sur la structure en trois actes, qui donne parfois l’impression d’assister à l’enchaînement de trois courts-métrages plutôt qu’à un tout parfaitement organique. L’usage appuyé de la voix off simplifie aussi certains enjeux, là où le film aurait gagné à laisser davantage de place au non-dit.
Malgré ces limites, je conseillerais Life of Chuck pour sa douceur mélancolique, celle d’une vie banale rendue soudain infiniment précieuse.