Avec The LighthouseRobert Eggers nous plonge dans un huis clos oppressant où l’esprit humain vacille au rythme des vagues. Ce thriller psychologique mêle esthétique rétro et performances inoubliables pour offrir une expérience aussi fascinante que déconcertante.


Le format 1:1 en noir et blanc est un choix audacieux et magnifiquement maîtrisé. Ce cadre resserré renforce l’impression d’enfermement des personnages et accentue leur isolement sur cette île balayée par les éléments. Ephraim Winslow (Robert Pattinson) et Thomas Wake(Willem Dafoe) s’y confrontent à la solitude et à eux-mêmes, sombrant peu à peu dans une folie oppressante nourrie par des tensions psychologiques intenses et une mise en scène hypnotique.


L’ambiance sonore joue un rôle primordial : le hurlement du vent, les cris perçants des mouettes et surtout la corne de brume, implacable, forment un véritable mur sonore qui plonge le spectateur dans l’angoisse. La montée en tension, subtile mais implacable, reflète brillamment l’effondrement progressif des personnages. Eggers explore également des thèmes complexes, s’inspirant de la mythologie grecque (Prométhée notamment) tout en abordant des questions de sexualité, de pouvoir et de lutte intérieure, offrant ainsi un riche terrain d’interprétation.


Le duo d’acteurs est impressionnant. Willem Dafoe, avec son regard habité et sa diction théâtrale, parvient à être excentrique sans jamais sombrer dans la caricature. Robert Pattinson, plus viscéral, livre une prestation magnétique qui capte l’essence d’un homme au bord de l’implosion.

Cependant, la narration chaotique par moments peut dérouter. Si ce désordre reflète la perte de repères des personnages, il complexifie parfois la lecture, donnant l’impression que l’intrigue part un peu dans tous les sens.


The Lighthouse est une œuvre unique, captivante et audacieuse. Malgré sa structure parfois désordonnée, elle s’impose comme une expérience immersive et troublante, qui mérite d’être vécue pour sa profondeur thématique et sa virtuosité esthétique.

Créée

le 12 janv. 2025

Critique lue 17 fois

lklgf

Écrit par

Critique lue 17 fois

1

D'autres avis sur The Lighthouse

The Lighthouse

The Lighthouse

5

Sergent_Pepper

3171 critiques

(ultra) Light my fire

Il se passe clairement quelque chose dans le cinéma de genre américain, et après une série de réussites réjouissantes (It Follows, Hérédité, The Witch), on est nombreux à attendre de voir se...

le 18 déc. 2019

The Lighthouse

The Lighthouse

7

Grimault_

169 critiques

Sans soleil

L’affluence extraordinaire laissait déjà entendre à quel point The Lighthouse était attendu lors de ce Festival de Cannes. Sélectionné pour la Quinzaine des Réalisateurs, le film de Robert Eggers...

le 20 mai 2019

The Lighthouse

The Lighthouse

8

JKDZ29

884 critiques

Plein phare

Dès l’annonce de sa présence à la Quinzaine des Réalisateurs cette année, The Lighthouse a figuré parmi mes immanquables de ce Festival. Certes, je n’avais pas vu The Witch, mais le simple énoncé de...

le 20 mai 2019

Du même critique

Guerre et Paix - Partie III : L'Année 1812

Guerre et Paix - Partie III : L'Année 1812

7

lklgf

525 critiques

Sous les obus, l’Histoire vacille

Sergueï Bondartchouk poursuit son ambitieuse adaptation de Guerre et Paix, et cette troisième partie plonge pleinement dans le chaos de la bataille, offrant des visions grandioses du conflit...

le 26 févr. 2025

Reality+

Reality+

6

lklgf

525 critiques

Critique de Reality+ par lklgf

Si l'on sent déjà les prémices de la réussite The Substance dans ce court métrage de Coralie Fargeat (process, aspect interrompu de la transformation, cicatrice dorsale), c'est tout de même moins...

le 20 nov. 2024

Mulholland Drive

Mulholland Drive

7

lklgf

525 critiques

Illusion d'intelligence

Vraiment partagé au sortir de ce (troisième) visionnage de Mulholland Drive, qui se situe selon moi à l'exacte frontière entre une branlette intellectuelle et un concept poussé jusque son...

le 8 oct. 2024