The Magic Crane fait partie de cette catégorie de divertissement hongkongais dont la décomplexion foncière et la liberté de ton dézinguent les barrières du kitsch pour ne plus laisser place qu'à une enivrante sensation de flottement béat.
Flotter est d'ailleurs le terme approprié pour un film dont l'élément de l'air constitue la colonne vertébrale thématique et formelle. Dans le film de Benny Chan, les personnages performent des sauts de plusieurs mètres de hauteur, se transforment graphiquement en tornades de couleurs vives et chevauchent des grues en carton pâte sans que jamais la sacro-sainte suspension d'incrédulité soit remise en question.
Tout ça évidemment dans le but de se défaire de lourdes chaînes - qu'elles soient héréditaires ou culturelles, thématique fondamentale du wu xia pian - dans un mouvement d'émancipation qui ignore les lois de l'attraction terrestre. Un représentant dantesque et jubilatoire du genre.