The Mask est sans doute le film le plus célèbre de la carrière de Jim Carrey. Il m’était difficile de ne pas écrire quelques lignes sur ce long-métrage devenu culte. Alors… accrochez-vous, ça risque de tourner.
The Mask, un film qui vous veut du bien
À l’origine, The Mask est une bande dessinée dont le ton est radicalement différent de celui du film. Faire rire ? Certainement pas. Être violent et effrayant ? Absolument. Lorsque Chuck Russell se lance dans le projet, son intention première est d’ailleurs de rendre hommage à cette source : The Mask devait être un film d’horreur.
Et puis… non, finalement.
Le réalisateur change complètement de direction et opte pour un film tout public à visée comique. Pour incarner son personnage principal, il choisit alors un acteur en pleine ascension, déjà réputé pour ses grimaces extravagantes et son énergie débordante : Jim Carrey, évidemment.
Un rôle charnière dans la carrière de Jim Carrey
Grâce à The Mask — ou peut-être à cause de lui, du moins au départ — Jim Carrey se voit contraint de canaliser ses débordements. Il ne peut plus improviser librement comme dans Ace Ventura, où il disposait d’une quasi carte blanche. Jusqu’alors, le public le connaissait surtout à travers des rôles exubérants et caricaturaux. S’il avait peiné à percer dans ses jeunes années, son succès récent semblait pourtant l’avoir définitivement installé. Du moins en apparence.
Avec The Mask, Jim Carrey est soumis à une contrainte salutaire : il peut laisser libre cours à sa folie comique lorsqu’il porte le masque, mais doit se montrer sobre, vulnérable et touchant dans la peau de Stanley Ipkiss. Employé de banque discret, profondément gentil, Stanley est l’exact opposé de cette créature verte, surexcitée et maquillée qu’il devient une fois transformé. Le film permet ainsi à Jim Carrey de prouver qu’il est capable d’un jeu plus nuancé, et surtout, d’émouvoir.
The Mask, une comédie tendre
La force de cette comédie familiale ne réside pas seulement dans son personnage principal et ses deux facettes diamétralement opposées. Elle tient aussi — et surtout — à sa portée métaphorique. Tout le monde porte un masque, et Stanley en devient l’incarnation visuelle, d’un vert presque fluorescent. Comme si le réalisateur avait voulu le surligner au stabilo : « Regardez-le, il vous ressemble. »
Stanley possède ainsi deux visages : celui de sa vie intime, authentique, et celui qu’il croit devoir montrer au monde. Lorsqu’il est tendre, le Masque est fougueux ; lorsqu’il est discret, le Masque ose tout ; lorsqu’il est peureux, le Masque fonce tête baissée. Le Masque représente la version fantasmée de Stanley, celle d’un homme qui se pense trop simple, trop effacé, et qui se bride lui-même.
À travers lui, le film renvoie l’image d’une société qui se sous-estime, s’impose ses propres limites et érige seule les barrières qui l’entravent. Lorsque Stanley comprend qu’il n’a pas besoin du Masque pour exister pleinement, ces barrières s’effondrent. Il affronte alors ses peurs… et accessoirement le grand méchant du film, oui oui.
Et si The Mask parlait aussi de son acteur ?
C’est précisément là que je voulais en venir. À mes yeux, The Mask est le film qui permet à Jim Carrey de se révéler véritablement à son public — sans masque. Il marque l’aboutissement de ses efforts pour se faire reconnaître, en dévoilant le visage d’un acteur capable de faire rire autant que de toucher.
Mon avis, maintenant
Évidemment, j’aime ce film. Je dirais même que je l’adore. Je le connais presque par cœur, comme beaucoup, tant je l’ai vu et revu depuis l’enfance. Mais ce qui me touche le plus aujourd’hui, c’est la tendresse qui se cache derrière l’humour. Un personnage profondément humain, qui nous ressemble lorsque nous acceptons enfin de faire tomber ce fichu masque qui nous colle parfois un peu trop à la peau.