Les productions Necrostorm récidivent en passant à un tournage de belle envergure qui joue à la fois la carte de l'hommage aux années 80 et la générosité avec leur habituel quotas de maquillages gores qui éclaboussent, ici avec l'effort notable d'une très large majorité de maquillages en latex par rapports aux trucages numériques (majoritaires sur les productions comme Taeter city et Adam Chaplin). Le résultat garde bien le style de son réalisateur avec un concept stimulant (un champignon faisant exploser les chairs et muter les organismes) et une brouette de personnages sensés assurer le spectacle. On note une amélioration dans la gestion du rythme, ici plutôt bien dosé et cohérent malgré une gestion des lieux un peu aléatoire due au manque de moyen pour diversifier les décors (deux pièces et une porte...). Il n'y a pas de nouvel écueil qu'on ait déjà dénoncé auparavant (pauvreté et effets cheaps, personnages clichés), et donc pas énormément à ajouter non plus. Plutôt que de jouer sur le terrain de la peur, le film racole ouvertement les amateurs de série B avec beaucoup de clichés des années 80 qu'il ressort ici avec un plaisir jubilatoire. La grande générosité des effets gores alliée à cet effort de création des SFX en latex ajoute encore à la sympathie du bestiau, qui à défaut de renouveler son sujet, en exploite bassement les pistes avec quelques concepts amusants qui permettent d'y trouver son compte. L'esthétique underground de la mise en scène est un point que certains trouveront discutable, mais elle permet de compenser un peu la pauvreté des décors. On regrettera un humour un peu trop présent par moments, mais le résultat, honnête pour sa modeste carrure, mérite un petit encouragement.