The Monster of Camp Sunshine or How I Learned to Stop Worrying and Love Nature, ou Monster at Camp Sunshine pour les intimes, obscurité d'exploitation des années '60 exhumée par Something Wierd Video et initialement sortie en VHS dans une collection labelisée Frank Henenlotter. Le film est signé anonymement Ferenc Leroget et toute l'équipe du film est inconnue (des noms comme Ron Cheney Jr. ou Motley Crue apparaissent au générique).


Une curiosité bis tout à fait sympathique ! Je m'attendais à un proto-slasher dans le style de Honeymoon of Terror (issu du même programme AGFA dans lequel est présent le film dont il est question aujourd'hui), mais si on peut ranger les deux films dans la même catégorie, The Monster of Camp Sunshine fait plus dans le second degré que dans l'horreur.


Le ton est amusant, cartoonesque même je trouve. Dans le jeu des acteurs, les situations gagesques, la musique légère qui accompage constamment le métrage, et d'autres détails qui ajoutent à ce sentiment comme des intertitres rendant hommage aux films muets (ou camouflant un manque de budget ?), un curieux générique en animation, ou encore la voix off de la protagoniste principale qui nous narre la première partie du film à la manière d'une conte ; à ce propos, une note nous prévient en ouverture et donne le ton : "The motion picture that follows is a fable. In it there are many nudists but only one monster. In life, it is generally the other way around."


On retrouve bel et bien les bases du slasher, avec un groupe de personnages se rendant dans un camp nudiste et faisant affaire à un tueur/monstre en le personnage du jardinier, devenu inhumain après avoir bu une eau contaminée à cause de rats de laboratoire (tiendrai-t-on ici le premier ou un des premiers films dont des rats de laboratoire sont le point de départ d'une menace ?).

Pas de meurtres sanglants - nous sommes en 1964 pour rappel, soit dix ans avant Black Christmas - mais une certaine générosité en nudité nous gratifie de sa présence, préfigurant les slashers que nous connaissons tous. On voit régulièrement les personnages féminins topless et nues de dos.

Le film est loin d'être parfait, il même très pauvre sur le côté horrifique finalement. Le tueur-monstre (au look vraiment peu travaillé) n'a pas le temps de faire la moindre victime avant de se faire stopper, et nous n'avons pas de véritable scène de mise en tension. On retiendra cependant une poignée de moments (non horrifiques) comme la débilement marrante attaque d'un rat qui arrive à pousser une protagoniste à travers la fenêtre, ou encore le final, quand à lui complètement over the top et mémorable, parodiant les films de guerre et offrant une fin absolument inattendue à un film déjà énigmatique (et peut-être un peu idiot).


Mais pour un film fait peu de moyens et à cette époque je ne vois pas en ce manque d'éléments horrifique un défaut. Au contraire, on a droit à la place à un amusant divertissement bis ; je pense que la faute revient surtout au nom et à l'esthétique extérieure du film qui nous vend quelque chose de plus orienté horreur.


Qu'on le qualifie de nudie, de film de sexploitation ou de proto-slasher, peu importe : The Monster of Camp Sunshine reste une attachante péloche d'exploitation qui fera le plaisir des amateurs du genre pendant à peine 1h15.

Odokatharistis
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Blu-ray récupérés en 2023 et Visionnages 2025

Créée

le 26 mai 2025

Critique lue 12 fois

Odokatharistis

Écrit par

Critique lue 12 fois

Du même critique

La dame rouge tua sept fois

La dame rouge tua sept fois

8

Odokatharistis

21 critiques

Critique de La dame rouge tua sept fois par Odokatharistis

(Avis normal publié sous forme de critique car trop long pour que Senscritique l'accepte en simple annotation dans ma liste de visionnages de l'année en cours.)Allez, on clôture en ce 30 décembre...

le 31 déc. 2023

Hercule contre les vampires

Hercule contre les vampires

7

Odokatharistis

21 critiques

Hercule et Thésée au royaume des morts

Encore du chemin pour l'exploration de la filmographie de Bava, j'attaque la deuxième dizaine de films vus du réalisateur avec Hercule contre les Vampires (Ercole al Centro de la Terra de son titre...

le 20 août 2023

Caltiki, le monstre immortel

Caltiki, le monstre immortel

6

Odokatharistis

21 critiques

Freda et Bava, les monstres immortels

Dernière collaboration entre Riccardo Freda et Mario Bava en 1959 soit deux ans après leur célèbre Les Vampires, film précurseur du gothique italien et le premier film où Bava sera crédité (il avait...

le 24 sept. 2023