Pris dans une perpétuelle fuite en avant, le héros de The Murderer court inlassablement pour retarder une mort déjà écrite. Dans les rues de Séoul et de Busan, Kim Gu-nam tente d’échapper à la mort et à ceux qui ont juré sa perte. Le jeu fatal le dépasse, la partie est perdue d’avance. Il gagne du temps et survit difficilement à chaque rencontre toujours plus sanglante. Toute sa vie tragique est une errance dans le territoire précaire des Joseonjoks, une dérive sur les eaux de la mer Jaune, un exode dans une Corée du Sud qui refuse de le voir, et rapidement, une lutte en mouvement pour subsister. Pour le monde despotique du banditisme, il est un chien qu’on tente de dompter, un simple exécutant dont il est permis d’exiger le pire : le meurtre. Criblé de dettes, séparé d’une femme qui a fui son territoire natal limitrophe de la Russie, de la Chine et de la Corée du Nord pour trouver un idéal dans la péninsule occidentalisée, Kim Gu-nam est d’emblée prisonnier d’un avenir qui s’impose à lui. Pour se laver de ses créances, il accepte la proposition du malfrat Myun de gagner à son tour la Corée du Sud pour assassiner une cible dont il ignore tout. Le plan est un complot qui dépasse le protagoniste. Rapidement, son voyage se transforme en combat et en chaos constant de sang et de viscères, alors qu’il tente de s’extirper de la police et de ses commanditaires qui entendent effacer leurs traces en le supprimant. La bête s’évade mais elle est enragée, prête à mordre ses maîtres pour gagner quelques jours de plus. Kim Gu-nam refuse sa capture docile, lutte jusqu’à son dernier souffle, dévale toujours plus vite les artères des villes, pulvérise les barrières pour faire de sa survie une maigre victoire éphémère. Le Joseonjok refuse sa condition d’opprimé d’un monde qui l’enferme. Na Hong-jin donne un corps à toute une population.
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