Ça m'apprendra à suivre les préceptes chrétiens...
En effet en visionnant The Chaser j'avais pris une bonne petite claque. Crasseux, glauque, sans issue, crispant, angoissant, impitoyable, The Chaser avait de quoi rougir ma joue, retourner mes tripes. Alors pour voir, j'ai tendu mon autre joue à Na Hong-Jin.
Ô rage, Ô désespoir en guise de gifle je n'ai eu droit qu'à un léger soufflet.
Une provocation gratuite?
Déjà le générique j'ai pris conscience que j'allais peut-être finir déçu. Fox International et Pop Corn Film s'impriment sur l'écran. Outch. Ça sonnait comme une mauvaise blague...
Je ne me suis jamais senti oppressé par les évènement, jamais le souffle court, et je n'ai ressentit aucune empathie pour le protagoniste principal.
Pire vers la fin, physionomiste comme je suis, j'ai commencé à me perdre légèrement dans l'intrigue, ne sachant plus très bien ce que vint faire le banquier là, comme ça... J'ai bien ma petite idée, mais ce n'est pas le plus intéressant...
Le démultiplication des intrigues qui s'imbriquent au fur et à mesure, tant bien que mal d'ailleurs, la surenchère dans le sang, la démesure vaine des courses poursuites ont eu raison de mon intérêt pour le film.
Pourtant, une petite voix en moi, me souffle que tout n'est pas à jeter dans ce second long métrage de Na Hong-Jin. Et elle a raison.
D'abord il y a cette mise en place qui, même si elle s'étire un peu, nous permet de mieux cerner le personnage principal.
Désabusé, quelque peu passif et victime de son addiction au jeu, il a tout du pigeon idéal.
En se raccrochant plus tard à l'envie que sa mort ne soit pas veine, son personnage aurait pu alors nous rapprocher de lui, et ça n'a pas fonctionné pleinement avec moi.
On a donc, en filigrane, tout le long du film, un long développement sur ces étrangers (Joseonjok) qui ne sont chez eux nulle part et qui peuvent être facilement exploités.
Et même s'il ne s'agit pas là du sujet à proprement parlé du film, on touche du doigt cette réalité glauque et malsaine qui teinte le film tout du long.
Une nouvelle fois, Na Hong-Jin nous présente une police Coréenne bien faible, dépassée, et inexpérimenté... Impuissante et inefficace.
J'en attendais peut-être trop de ce second film, et la déception n'est que plus grande. The Chaser ne souffre pas la comparaison avec The murderer, bien au contraire. On se rappelle sans cesse, tout au long de ce second film, combien le premier ne nous avait lâché qu'après un ultime bain de sang, fermant la porte à l'espoir, anti-thèse du happy end.
Ici, que tout cela manque cruellement, même si encore une fois Na Hong-Jin prend un malin plaisir à annihiler toute possibilité de fin heureuse...
p.s. : pour un film américain, nous aurions tôt fait la liste des choses qui agacent comme le fait que notre protagoniste ne semble pas plus affecté que cela par la balle dans son bras, plaie qui ne sera pas soignée tout le long du film, et que dire de sa course après une chute sur un véhicule, ou encore le nombre hallucinant de coup de hache que peuvent supporter certains personnages...
p.s. 2 : hier j'ai appris un mot et j'ai oublié de la placer pour vous dire à quel point je ne comprends pas que les critiques presses soient si laudatives!