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le 8 juin 2016
En 2001, dans Mulholland Drive, Naomi Watts débarquait à Los Angeles afin de devenir une actrice célèbre. 15 ans plus tard, c'est au tour de Elle Fanning de poser ses valises dans la gigantesque métropole pour tenter de percer dans le mannequinat. Hélas pour les deux jeunes femmes, que ce soit l'industrie cinématographique ou de la mode, les deux institutions constituent un lieu où, derrière le strass et les paillettes, se cachent vice et violence. Décidément, il y a quelque chose de pourri dans la cité des anges...
Avec The Neon Demon, le réalisateur Nicolas Winding Refn a décidé de se pencher sur le milieu de la mode, monde éclairé par la lueur des stroboscopes et constamment menacé par la jalousie qui peut, à tout moment, le plonger dans un profond chaos. Par le biais de cet univers, Refn en profite pour porter une critique acerbe sur la recherche vaine de la beauté esthétique et du vide (fascinant!) qui entoure celle-ci.
Pour retranscrire ces thèmes à l'écran, il utilise une imagerie symbolique foisonnante qui nous plonge littéralement dans un monde alternatif empreint de folie. On se retrouve donc avec une ambiance proche d'un spot publicitaire à l'esthétique léchée qui se ferait petit à petit dévorer par une noirceur malsaine et ambiante. Ce parti pris artistique donne au film la capacité de brouiller la frontière entre le réel et le fantastique, ce qui crée alors constamment cette fameuse impression d' « inquiétante étrangeté ».
Dans un espace-temps qui semble suspendu, la caméra de Refn filme implacablement la descente de Fanning au fond du terrier diabolique de la mode. Entre ses séances de shooting-photo éreintantes, Elle retourne se reposer dans un motel typiquement américain, faisant ici office d'antichambre des enfers et nous rappelant que, depuis Psychose, il ne fait définitivement pas bon pour les jeunes femmes de séjourner dans de tels endroits sordides où l'horreur peut frapper à n'importe quel moment.
En parlant d'horreur, il faut souligner que, dans ce domaine, Refn impressionne. Celui-ci maîtrise parfaitement ses scènes d'épouvante qui semblent être le fruit d'un accouplement entre le cinéma de Dario Argento et celui de Stanley Kubrick. L'horreur s'immisce au fur et à mesure que l'intrigue progresse jusqu'à atteindre son apothéose dans la dernière demi-heure du film où Refn adopte une attitude jusqu'au-boutiste en concrétisant sa vision et en transformant le sens figuré en sens propre.
Radical dans sa forme, The Neon Demon constitue donc un morceau de choix pour ceux qui voudraient se perdre dans les méandres inquiétants de la terrible Los Angeles.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les hôtels où il ne vaut mieux pas séjourner et Les meilleurs films de 2016
Créée
le 1 juil. 2016
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