Quelle claque ! Un film qui file à cent à l'heure, comme Isabelle Fuhrman sur son bateau d'aviron. L'actrice, littéralement possédée par son rôle, n'a aucun mal à nous entraîner dans sa quête obsessionnelle de la première place, frôlant l'autodestruction. Son rôle est pourtant très antipathique, mais elle joue cette petite peste revancharde et brutale avec une telle intensité et une telle fougue qu'on ne peut s'empêcher de la suivre et de souffrir avec elle. Alex n'envisage que la première place dans son équipe d'aviron. Même si physiquement, le but semble a priori inatteignable, elle va s'entraîner obsessivement, de nuit comme de jour, jusqu'à la rupture physique et mentale, négligeant son sommeil et son équilibre, martyrisant son corps.
Avec sa petite silhouette musclée, son visage sans maquillage, son regard dur et ses ongles rongés, l'actrice dégage un charisme animal assez époustouflant, sans jamais rien céder au glamour. Elle était déjà remarquable dans "Esther", mais là, elle prouve qu'elle a un énorme potentiel et qu'elle est de la trempe d'une Florence Pugh.
La mise en scène est aussi pêchue et enragée que l'héroïne. Visuellement, c'est toujours surprenant et débordant d'idées. Le film suit au plus près la psychologie de l'héroïne et semble peu à peu gagné par la folie. J'ai bien aimé les flashes hallucinatoires (les corbeaux et les crabes) de l'héroïne qui deviennent de plus en plus nombreux vers la fin, quand elle va au-delà de ses forces.
La bande originale est une tuerie, entre musique originale et chansons variées, dont "I'm sorry" et "Someday You'll Want Me To Want You" de Brenda Lee et "Al Di La" chantée par Connie Francis sublimement utilisées.