Quelle est la différence entre un meurtrier et un homme qui vient de faire l’amour ? Aucune, les deux ne savent comment se débarrasser du corps !
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Pour ne rien vous cacher, c'est un peu en traînant les pieds que j'ai visionné ce film en attente d'analyse dans mon congélateur... Pour mes nouveaux lecteurs, je rappelle que j'enregistre tous mes films, ce qui me permet de revoir les passages mal compris, réentendre les mauvaises dictions (trop fréquentes) et éliminer les publicités indésirables qui, diffusées sur certaines chaînes comme RTL9 cassent le rythme du film et constituent une insulte vis à vis de tous les ayant-droits du tournage...
Et je les regarde "à l'aveugle" : bien que très peu influençable, je suis ainsi quasi aussi vierge dans mon jugement que l'agneau qui vient de naître ! Ce n'est qu'après que j'inspecte tout ce qui a trait au film pour vous en dévoiler la synthèse !
Pas grand chose d'attractif dans ce titre ! Et en anglais qui plus est ! Pas destiné au marchais français ?
Quant à la photo, elle suggère encore un film de baston (un de plus) genre Bond ou autres tueurs, dont la liste est aussi longue que celle des impôts en France !
Ça commence très fort, dès les premiers tours de pellicule, un homme surgit dans une habitation cossue et tue de sang-froid femme et époux qui s'y trouvaient avant de mettre le feu pour faire disparaître toute trace de l'assassinat...
Vient ensuite le générique pour vous en remettre...
C'était le contrat conclu entre un tueur à gages, et un riche caïd aux activités louches vivant dans un manoir anglais ! Lequel voulait de la sorte châtier son comptable de lui avoir détourné une partie de son argent vers le compte-épargne de sa fille, et projetait de surcroît, de le dénoncer au FBI !
Espérant créer ainsi un exemple dissuasif pour ses autres collaborateurs qui auraient pu se laisser tenter par la même trahison...
La fille n'habitant pas chez ses parents mais suivant des études dans un pensionnat suisse, va faire aussi elle, l'objet d'un contrat, mais pour la tuer, le caïd anglais envoie un autre de ses tueurs : Lucas, qui lui aussi a une fille qu'il n'a jamais vue, mais à laquelle il pense cependant puisqu'il en a exposé des photos dans son logement...
Son donneur d'ordre le tient et menace de la faire exécuter elle et sa mère, si Lucas n'exécute pas son contrat...
Et pourtant, alors qu'il la tient en joue avec son flingue en mire, et que la jolie jeune fille le supplie de l'épargner, peut-être pense-t-il alors à la sienne, mais il hésite, hésite, ne parvient pas à la tuer de sang-froid, et finalement se détermine au contraire à se ranger à ses côtés et à la protéger ..
C'est alors que pour se venger, le caïd lance à leur trousse une meute de tueurs et que les courses-poursuites vont se succéder...
Ce film germano-hispano-américain dont, curieusement certaines séquences sont réputées tournées en France notamment à Saint-Dizier et Boulogne-sur Mer, a réussi à m'émouvoir car il est assez différent des autres films de tueurs genre Bond et autres, dont le succès en salles est corrélatif au côté "bankable" de ses comédiens, aux gadgets employés, aux nombres de morts laissé derrière lui, accessoirement au nombre de camions citernes d'hémoglobines nécessaires à l'arrosage du plateau de tournage...
Ici, l'action issue du roman "For the Dogs" de 2004 de Kevin Wignall, maltraitée par les scénaristes John Brancato et Michael Ferris, vous transforme un Mr Hyde en Docteur Jekyll, bref une horrible terreur en doux protecteur... Comme un menu salé-sucré...
Et on se prend d'empathie pour ce petit Chaperon rouge qui va se faire "bouffer" par le grand méchant loup allant voir sa mère-grand !
Histoire déclinée par Walt Disney dans Mickey où le grand loup trouve, sur son chemin de rencontre de la jeune pucelle, une bouteille d'un liquide qui rend méchant les gens bons, et vice-versa !
Et comme il ne sait pas ce que signifie la locution et qu'il a soif, il liquide la bouteille d'un trait, et au-lieur de manger sa proie, il se met à l'entourer de câlineries et de gentillesse...
Bon, on ne sera pas trop surpris que ce scénario à plusieurs mains soit truffé d'invraisemblances ou autres inutilités...
Jamais vu de wagons-restaurants sur les lignes ferroviaires décrites, encore moins le sigle de cette étonnante compagnie de chemin de fer...
Jamais vu non plus une maison, pourtant sur pilotis,aussi peu protégée et aussi facilement susceptible d'être cambriolée...
Pourquoi aussi faire du héros un héroïnomane sur le chemin de la rédemption,quasi impossible pourtant sans suivi médical pour les fortement imprégnés...
Mais sans tous ces ajouts superflus, y aurait-il eu un film ?
Je m'attendais même à un "Professionnal 2", mais non ! Le succès n'a pas dû être au rendez-vous, d'autant que le premier n'a pas été distribué en salles françaises...
Pourtant, Sam Worthington, réalisateur, producteur et acteur, nous fait ici une interprétation très réussie de ce tueur étrange, un jeu de rôle très captivant, et sa protégée, Odeya Rush, une "touche à tout" du cinéma le lui rend bien en interprêtant un "faire-valoir d'oie blanche" superbement craquant et convaincant... Elle avait vingt ans à l'époque de ce tournage...
La réalisation de Jonathan est rythmée, mais manque de sobriété, de conviction dramatique... Pourtant, on se demande comment vont se terminer ces courses-poursuites sanglantes et on se laisse emporter pas l'aventure...
C'était le dernier (un chant du cygne ?) des six films de Jonathan Mostow (1969/ ----) (oui, oui, le fils de George) de 1989 à 2017, dont aucun ne passera à la postérité...
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RTL9 le 15.05.2025-