Si l’on parle de cinéma, on pense spontanément au cinéma américain, français, chinois, peut-être indien, mais rarement au cinéma indonésien. À son évocation, peu de titres viennent immédiatement à l’esprit, si ce n’est peut-être The Raid.
Pour moi, The Raid est une anomalie heureuse : la rencontre entre un réalisateur en quête d’aventure et un pays encore discret sur la scène audiovisuelle mondiale. De ce concours de circonstances naît un film hybride, nerveux, brutal, dont toute la saveur réside dans ce mélange des influences.
Le point de départ est simple : une unité d’élite prend d’assaut une cité contrôlée par un mafieux aux allures de gourou, qui règne sur ses habitants. Inutile d’attendre ici un grand discours social ou une réflexion sur la condition humaine : l’immeuble devient surtout l’arène d’un gigantesque jeu de la mort.
Gareth Evans y convoque les codes du film d’arts martiaux hongkongais. Les chorégraphies, nourries par le pencak silat, enchaînent machettes, os brisés, combats désespérés contre des vagues d’ennemis et progression quasi vidéoludique jusqu’au boss final. Impossible, devant un tel dispositif, de ne pas penser aux jeux de notre enfance, à commencer par Streets of Rage.
Portées par Iko Uwais et Yayan Ruhian, les scènes de combat impressionnent autant par leur violence que par leur lisibilité. La caméra accompagne l’action avec une précision remarquable et met en scène des mouvements que bien d’autres films reprendront ensuite.
The Raid appartient à cette catégorie de séries B qui sacrifient volontiers leur scénario au profit de l’action pure. Mais par son énergie, son originalité et son exotisme, il parvient à ouvrir une fenêtre sur un ailleurs tout en réveillant nos souvenirs les plus jubilatoires de cinéphiles et de gamers des années 90.