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Rama, seul survivant du massacre de la tour de Tama Riyadi, se voit confier une périlleuse mission après la mort de son frère : tuer Bejo, le parrain local responsable de sa mort, ainsi que Reza, son appui dans la police. Pour cela, il va infiltrer la famille de Bangun, mafieux sur le déclin, en passant par son ambitieux fils Uco, qui purge actuellement une peine de prison…
Autant le dire tout de suite, j’ai vu The Raid 2 en tant que grand fan du premier, qui était une démonstration magistrale de film d’action. Eh ben, autant le dire franco, c’est pas la même tisane. Là où le premier opus donnait dans l’éclatage d’articulations et le démontage de tronches sans modération, sur un rythme très soutenu et avec une tension omniprésente, sa suite fait presque office d’épisode de Derrick. The Raid 2 est clairement orienté thriller/film policier classique, avec certes quelques belles bastons pour égayer le tout, mais globalement, on est très loin du joyeux massacre du 1. Iko Uwais, star du penchak silat désormais connue bien au-delà des frontières indonésiennes, fait sa part avec le talent qu’on lui connaît, mais il ne peut hélas pas porter la production à lui tout seul.
Le souci, c’est l’histoire. The Raid 2 se perd dans les méandres d’un scénario tortueux et parfois franchement éclaté (les famosos gardes du corps qui n’ont pas d’autres armes que des couteaux de cuisine pour protéger leur VIP !) bourré de personnages pas forcément intéressants, sur fond de rivalité obscure entre yakuza et voyous locaux. L’ambiance glauquissime, entre ciel bas et intérieurs délavés, n’est pas inintéressante ; cependant, n’est pas réalisateur de film noir qui veut… Sans fil directeur pour accrocher le spectateur, une ambiance lourde ne devient jamais oppressante ou sombre, elle reste juste ça : lourde.
À la limite, ça aurait pu être intéressant si Evans avait développé le déchirement entre ambitions, loyautés criminelles et sentiments personnels de certains personnages, notamment Uco, mais ce sera juste esquissé, le film reprenant un peu de verve dans la dernière heure (après la trahison inévitable d’Uco) pour offrir son quota d’action. On attaque le deuxième problème de ce film : le rythme. Une heure trente pour poser les bases d’un scénario inutilement alambiqué et enfin décoller, c’est long, horriblement long, et c’est avec grande peine que le spectateur sort enfin de sa torpeur pour s’intéresser à ce qui se passe à l’écran.
Il n’y a pas de mal à vouloir faire quelque chose de plus ambitieux que de simples chorégraphies martiales, mais The Raid 2 est loin d’être un essai réussi : bien en-dessous de son prédécesseur dans la catégorie action, ce n’est ni un bon film noir ni un bon film policier tout court, manquant d’exploiter à fond ses bonnes idées et amalgamant de manière bordélique un tas de personnages avec un fil directeur plus que douteux. Après une vraie leçon de cinéma, Evans m’a réellement donné l’impression de naviguer à vue. Dommage.
Créée
le 3 août 2026
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