Pendant les premières minutes de The room, on se dit que c’est un peu pareil que Vivarium, sorti début mars. Pareil ce couple qui s’installe dans une nouvelle maison. Pareil ce truc bizarre qui va dérégler le cours des événements, cet enfant qui pointe le bout de son nez, ce cauchemar qui prend forme, cette cellule familiale qui implose et cette fin ouverte. Tout pareil donc, mais pas vraiment. Plus question de lotissement fantôme dont on ne peut s’échapper ni d’expérience effectuée sur l’être humain, réduit à un rat de laboratoire en panique, mais d’une pièce secrète dans la maison matérialisant tout ce que l’on désire.


De l’argent par exemple, pour rester purement trivial. Plein d’argent même. Et des toiles de maîtres, et du champagne à flot, et du caviar, et de jolis vêtements… Et puis un bébé pourquoi pas, parce que Kate et Matt n’arrivent pas à en avoir malgré de nombreuses tentatives. Évidemment, il y a un hic, il y a un piège derrière tout ça. Parce que ça ne pouvait pas être aussi simple, parce qu’il ne pouvait y avoir de conséquences en retour… Christian Volckman, dont on n’avait plus de nouvelles depuis le film d’animation Renaissance en 2006, revient avec cette aimable variation sur la tangibilité de nos désirs, et l’inévitable désenchantement qui va avec quand il n’y a plus rien à souhaiter que l’on ne puisse avoir. Car si la possibilité d’avoir tout ce que l’on veut est soudain offerte, alors quels rêves, quels espoirs, quel monde pourraient encore suffire à l’existence ? Le vrai, sans doute. Celui qui attend dehors…


Si l’intrigue de Volckman et d’Éric Forestier a au moins le mérite de ne pas se cantonner à cet unique (et excitant) pitch inaugural, s’ouvrant rapidement à d’autres pistes narratives (dont un intéressant imbroglio œdipien et une dernière partie un rien nolanienne), il peine en revanche à leur donner corps pour en tirer une vraie réflexion sur un couple confronté à ses failles et à ses doutes (besoin de maternité, éducation, reconnaissance artistique). The room reste à l’état de sympathique et intrigante petite chose, bien faite et bien interprétée (Olga Kurylenko et Kevin Janssens, à fond), mais dont on attendait, au vu de sa trouvaille scénaristique de départ, tellement plus de vertiges…


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le 13 mai 2020

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