Partie faire son footing à travers Londres, une avocate voit son téléphone piraté par un inconnu qui lui annonce que son fils malade est entre ses mains diaboliques (et elles le sont même littéralement, il fait plein de gestes malfaisants avec). Sa solution pour le retrouver sain et sauf: courir comme une dératée au milieu de la capitale anglaise pour aller tuer un témoin capital dans une affaire impliquant un important chef criminel.
Et Gal Gadot galope... après un fils quand même un brin stupide. Pendant 1h20 dans un sous-"Taken" féminin plus énervé que la moyenne, temps réel oblige, et filmé par un Kevin Macdonald qui, dans le fond, plutôt malin, fait appel à ses expérimentations visuelles de documentariste pour coller au plus près, sur la forme, à cette héroïne perpétuellement en course et allant, de fait, à contre-courant d'une masse populaire filmée comme endormie sur ses écrans.
Moins mauvaise qu'à l'accoutumée -et il fallait le faire vu qu'elle est en gros plans la plupart du temps- Gadot se retrouve le pion d'un jeu exploitant la diversité urbaine de Londres à l'écran dans sa progression mais qui, sur le fond, ne tient absolument pas debout tant son marionnettiste, parlant d'elle en permanence comme son élément décisif, ne fait que lui tirer des balles dans le pied en se focalisant irrationnellement sur une tragédie de son enfance pour ne pas lui permettre de se concentrer sur le chemin à parcourir... La voix peu rassurante de Damian Lewis a beau faire le boulot dans ce qui voudrait être un "Phone Game" next gen, le film, pourtant succinct, nous use par sa dose invraisemblable d'aléas faciles rencontrés par son héroïne en vue de la retarder ou de la mettre en péril sur la réussite de sa mission.
Pire, le dénouement incroyablement débile (façon twist final de dingo de ouf') achève de noyer ce pauvre "The Runner" dans le ridicule de sudation d'aisselles de Gal Gadot non demandée par personne et nous fait demander pourquoi, nous, spectateurs, n'avons pas privilégier un vrai footing plutôt que de perdre notre temps devant un pur produit de plateforme où un réalisateur, au demeurant talentueux, se débat autour d'un truc ne méritant clairement pas sa présence.