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Il existe une catégorie de productions qui semblent conçues par un algorithme paresseux, empilant des ficelles usées jusqu'à la corde dans l'espoir d'offrir un divertissement instantané. The Runner, mi-course folle mi-piège technologique, transforme son concept en une pénible épreuve d'endurance pour le spectateur. Alors que des classiques du genre insufflaient une urgence captivante à la course contre la montre, ce récit à bas coût s'avère dénué d'inspiration. Si l'intention d'offrir le rôle du sauveur à une femme est louable, elle est gâchée par un scénario bancal et des surenchères irréalistes.
L'intrigue exige une suspension d'incrédulité permanente. Une mère célibataire et avocate se retrouve prise dans un piège diabolique. Après avoir déposé son fils diabétique à l’école — un détail instillé avec la finesse d'un marteau-piqueur —, son quotidien bascule. Un criminel sadique pirate le dispositif médical de l'enfant pour le plonger dans le coma. Pour le sauver, l'héroïne doit parcourir la ville à pied pendant une heure afin d'exécuter un témoin. Le film tente de plaquer une critique anti-technologie très appuyée sur la surveillance de masse et l'IA en multipliant les plans sur des passants rivés à leurs écrans. Mais cette imagerie vire à la caricature et ressemble parfois davantage à une publicité tapageuse qu'à un véritable long-métrage.
L'ensemble repose sur une actrice principale incapable d'exprimer la moindre émotion. Légèrement convaincante dans la physicalité de la course, elle s'effondre dès qu'il s'agit d'incarner la détresse. Entre raccourcis grotesques, dialogues lourds et répliques involontairement comiques, son interprétation reste stoïque. Sa progression ressemble à une partie absurde de jeu vidéo : elle fonce tête baissée dans les piétons, manque d'un cheveu d'être renversée, essaye maladroitement de texter en courant et multiplie les tentatives ratées de vol de téléphone, finissant même par en faire tomber un dans un canal.
La réalisation n'arrange rien. Cherchant un dynamisme artificiel, le metteur en scène multiplie les coupes frénétiques et les ralentis malvenus. Paradoxalement, ce petit film d'à peine 84 minutes paraît durer trois heures. Malgré les incrustations GPS, la mise en scène détruit tout sens de la géographie. Pour couronner le tout, la musique percussive saturée de bongos assomme le spectateur, tandis que l'usage opportuniste de tubes rétro de Blondie ne fait que souligner le vide artistique ambiant.
Le prétendu duel psychologique tourne rapidement à vide. L'antagoniste, relégué à des plans furtifs et à des répliques vocales égrenant des "tic-tac" répétitifs, enchaîne les clichés du psychopathe narcissique. Pire encore, la toute-puissance technologique du méchant s'avère d'une incohérence totale, oscillant entre omnipotence et cécité selon les besoins du récit.
Le scénario commet enfin l'erreur ultime : confondre mouvement perpétuel et suspense. Les dialogues sonnent faux, l'enjeu du procès s'avère inconséquent, et le récit triche de manière éhontée pour amener un dénouement prévisible. Expédiée en trois minutes via un retournement maladroit qui se croit malin, la conclusion achève d'éteindre le moindre intérêt. Ni haletant ni divertissant, ce thriller poussif accumule les clichés et s'effondre. Une perte de temps absolue !
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