Il arrive que certaines œuvres promettent l’excitation et livrent, en retour, un profond ennui. The Samaritan (2012) de David Weaver en est malheureusement un exemple frappant. Avec une note de 3/10, je traduis mon immense déception face à un film qui n’a su ni honorer son concept, ni exploiter son casting pourtant solide.
L’histoire d’un ancien escroc tenté par la rédemption avait de quoi captiver. Mais très vite, The Samaritan s'enlise dans une écriture téléphonée, multipliant les clichés sans jamais réussir à surprendre. À aucun moment l’intrigue ne parvient à générer une tension réelle : chaque rebondissement est prévisible, chaque relation semble artificielle. Ce qui aurait pu être un thriller nerveux se transforme en un récit poussif et mécanique, dénué de toute spontanéité.
Samuel L. Jackson, acteur pourtant capable d’insuffler du charisme même aux projets les plus bancals, semble ici livré à lui-même. Son personnage, caricatural et sous-écrit, ne lui offre aucune matière pour briller. Les seconds rôles, quant à eux, se fondent dans une anonymat navrant, si bien que l'on peine à s'intéresser à leur sort. Ce gâchis d'interprétation contribue à plomber un film qui semblait pourtant avoir de solides cartes en main.
David Weaver signe une mise en scène dépourvue de toute personnalité. Aucun choix visuel fort, aucune tension maîtrisée : le film avance au ralenti, sans jamais provoquer autre chose que l’ennui. L’absence d’identité stylistique achève de rendre The Samaritan totalement interchangeable avec une production de seconde zone.
Quelques thèmes – la culpabilité, la fatalité – auraient pu donner du relief à l’histoire. Mais faute de profondeur, ces pistes restent à l’état d’ébauches. Il flotte sur tout le film un sentiment d'inachevé, comme si l’ambition initiale s’était diluée dans une exécution sans conviction.
Au final, The Samaritan n’échoue pas seulement à captiver : il lasse, il agace, il s’efface de la mémoire sitôt visionné. Si je lui attribue un 3/10, c’est parce que je reconnais à peine l’ombre du thriller intense qu’il aurait dû être. Ce n’est pas la faute d’une idée mal trouvée, mais bien d'une exécution paresseuse et d'un cruel manque d’âme.