Le film est un beau naufrage, déjà il nous fait subir un score horrifiant, electro-pop, censé énergiser que ce que la réalisation ne parvient jamais à faire. Aucune émotion n'est transcendée par le score, qui n'a de cesse de nous marteler ne fait pas confiance à l'image, écoute-moi, je suis un film d'action. Sauf que, bien malheureusement, le spectacle s'avère pauvre et bien long.
Après l'échec d'une première mission, la police va se rendre compte que la technologie leur fait défaut face à la technicité" de leurs ennemis et devoir faire appel à un flic de l'ancienne époque (heureusement ils nous ont fait grâce des trois coquillages), évidemment, il a une relation affective avec une des membres de la police, la laissée pour compte, car il fut la cause de la mort de son père qui était son partenaire (merci, City Hunter pour les travaux).
Si l'originalité n'est pas de mise, ce qui peut être souvent le cas avec les films de l'empire du Milieu, ici rien n'est fait pour compenser cela. La mise en scène s'acharne à vouloir prendre de plus en plus d'ampleur, les plans drones, se succèdent, les plans larges, la démultiplication des personnages dont aucune ne parvient à s'extraire de ce tout informe. Après un énième top shot, un plan très large du commissariat où gesticule des dizaines de plots sans âme, on devient fatigué de ce bruit dans lequel rien ni personne ne s'incarne.
Tout semble reposer sur deux choses, le rapport conflictuel à la technologie, mais même ça n'est pas abouti avant d'être totalement oublié à la fin quand c'est cette même technologie qui sauve les héros et le rapport conflictuel entre deux figures paternelles opposées, la protection du groupe envers et contre tout et l'individualisme forcené, on peut imaginer que le scénario fut approuvé chaudement par le parti.
Au milieu de tout ça, entre des inserts numériques qui feraient pleurer du sang à Paul WS Anderson, des scènes d'actions artificielles où les jeunes acteurs démultiplient les mouvements pour compenser le fait que Jackie est devenu, naturellement, bien plus limité qu'à sa jeune époque. L'ennui se fait bigrement sentir, surtout que le film à la modestie d'imaginer qu'il a besoin d'e se développer tout au long de 2h20 incroyablement longue pour parvenir à se raconter au mieux.
Les flashbacks vont être bien nombreux, à chaque fois qu'une émotion devra être soulignée, on va revoir les séquences concernées, un montage didactique, une narration simpliste qui, pourtant, semble avoir peur de perdre son spectateur. Sans oublier les cuts innombrables dans l'action, ou pour rythmer une narration sous emphysème.
La création du groupe devant apprendre la science de la filature se révèle tout aussi artificielle que le reste, groupe aux individualités inexistantes, dont l'échec dans la personnification se révèle criant dans le final, quand il se reforme autour de Pinky, et que ce qui devrait être un pic émotionnel relève plus du soufflé qui tombe à plat.
Même l'apprentissage de la filature est artificiel. À ce moment-là, la mise en scène devrait s'extraire de ses tics grossiers du début, pour embrasser, justement, quelque chose de plus "antitechnologique", intime et personnel, mais absolument rien n'a été réfléchi dans ce film en termes de réalisation au delà d'effets tape à l'œil permanent.
On peut voir cet échec lors de la scène où Jackie est sur un toit et se souvient de la mort de son partenaire, la caméra passe au drone et s'éloigne dans un grand mouvement pour englober tout le cadre qui entoure le personnage.
Ce refus quasi permanent d'aborder l'émotion sous un spectre intime, cette nécessité que du côté des flics on ne se considère que comme un groupe au contraire des ennemis ou les rapprochements, nombreux et souvent tactiles, cachent toujours une menace et une mort en devenir fait de ce film un échec absolu, car trop soumis à l'idée du parti en place, un pur film en symétrie à un cinéma américain fortement propagandiste, plus qu'une histoire on instille une idée, qui, ici, n'est pas compensée par l'action ou des envolées lyriques dont peut être friand le cinéma populaire chinois. Un beau raté ou rien ne dépasse, ni moralement ni émotionnellement.