Film catastrophique qui ne parvient à rendre compte de rien, l'aspect politique est totalement passé sous silence, et la tension de l'exfiltration en raison d'une mise en scène totalement dénuée de la moindre idée ne parvient jamais à prendre vie. Une narration d'un classicisme éculé, déployant des archétypes évanescents qui se meuvent péniblement dans un récit finissant par paraître totalement artificiel, alors qu'il est censé rendre compte d'une réalité documentée.
Rochdy Zem et la force inamovible, jamais prise en défaut, il est celui qui démarre les mouvements, il est bon et ne fait preuve d'aucune forme de subtilité pour qui pourrait humaniser ce qui devient une caricature. En plus de paraître sortir d'un film d'action des décennies d'autrefois, il n'échoue jamais, il est écouté et même ceux qui le mettent en doutent finissent par se ranger à ses idées, il est le monolithe de 2001, une pierre vide et lisse sur laquelle on peut toutes les extrapolations que l'on souhaite.
Quant au début de l'histoire, on le voit déambuler dans les couloirs pour donner des ordres, une pérégrination qui l'amènera jusqu'au toi de l'ambassade pour passer du micro au macro et embrasser toute une partie de la ville avec des fumées d'explosion au loin, ont peut déjà ressentir que le film ne sortira jamais des inspirations qui lui ont donné naissance. Des vies doivent être sauvées et elles le seront, il semble plus important de montrer l'héroïsme que le doute, la France que le peuple afghan, la réussite que l'échec que représente cette nécessaire exfiltration.
Malgré son tampon inspiré d'une histoire vraie, le film est artificiel, emprunté, semble ne jamais avoir le désir de poser un propos, un point de vue, il est le parfait représentant de ces films qui préfère rejouer le roman du réel qu'indisposer son spectateur.
Au contraire d'un Escape from Mogadishu, qui, avec brio, parvenait à rendre compte de la substance d'un pays soumis aux désidératas de multiples puissances étrangères, de l'antagonisme coréen nord/sud, pour ensuite totalement embrasser son acte rocambolesque de la fuite avec tous els moyens de mise en scène pour illustrer tension et action, sans jamais renier l'humanité, les doutes, les peurs de ses protagonistes. Le film n'est rien, une coquille vide qui ne pourra satisfaire aucun spectateur, à fuir.