The Social Network n’est pas qu’une simple description de la création du site Facebook, mais se révèle être beaucoup plus que cela, une quête d’identité virtuelle à la réalité acide. David Fincher nous parle d'un surdoué asocial pris de court par le monstre qu’il vient de créer. De ce fait, comme durant Zodiac et son étude de caractère brillante, David Fincher décrit avec méticulosité une société qui réfléchit par le clic, un monde de l’immédiateté où nos actes sont vus de tous à la seconde près. Notre vie, notre avenir est envisagé comme un train qui va à toute allure sur les rails de la réussite et de la compétitivité : on le prend ou on reste à quai à nos risques et périls. Visuellement, le David Fincher que l’on voit ici n’est plus depuis longtemps le même que celui qui vociférait et crachait à la face du monde ses brulots qu’étaient « Seven » et « Fight Club».


La forme est beaucoup plus nébuleuse et calculée, oubliant tous les tics clippesques qui faisaient sa renommée. C’est aussi ça qui est impressionnant dans la confection que met en place David Fincher. A partir d’œuvres qui pourraient ressembler à des longs métrages de commande, il arrive à y insérer toutes ses obsessions. Avec Gone Girl, il dévoilait aux yeux de toute la grossièreté de la perfidie des relations humaines qui emboitent notre société, et avec The Social Network il résout l’équation aux multiples inconnus de nos modes de vie. Au lieu de créer des liens forts, Mark Zuckerberg inventera des lignes de codes qui composeront nos relations humaines, avec ce besoin de s’intégrer dans une communauté réelle sans attaches, convoitise de tous les vautours tels que Sean Parker. Notre montre est une suite de chiffre : un logarithme sur une simple fenêtre d’université.


Une mise en perspective qui diverge selon du côté d’Eduardo Saverin ou de Mark Zuckerberg, mais parfaite pour mieux comprendre les vieillîtes des uns et des autres pour ; et voir leur part d’humanité qui se confondre dans leur nihilisme.


Le cynisme forcené qu’affiche le récit n’empêche pas une émotion schizophrène, entre compassion et antipathie, grâce aussi à la prestation impressionnante du jeune Jesse Eisenberg et sa logorrhée foudroyante. Avec l’aide de son cinéma, David Fincher dessinent les avatars nébuleux qui narrent l’ensemble des thématiques composant sa vision du monde : Amy Dune la reine du bal de la psychopathie, Lisbeth Salander avec ses fêlures geeks claustrophobes, et Mark Zuckerberg avec son grain de cynisme inventif, montrent que David Fincher se révèle être le réalisateur qui a sans doute le mieux compris notre société 2.0.

Velvetman
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le 20 nov. 2014

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