Östlund est un cinéaste qui m'intéresse sur le papier et m'épuise souvent à l'écran. The Square en est l'exemple parfait : une satire du monde de l'art contemporain et de ses hypocrisies bourgeoises, intelligente dans ses intentions, interminable dans son exécution.
Le film accumule des séquences-sketches sur un conservateur de musée suédois dont la vie se désagrège progressivement. Certaines de ces séquences sont réellement bien vues, notamment tout ce qui touche à la communication institutionnelle et au langage creux du monde de l'art. Östlund a un vrai sens du malaise social.
Mais la scène du gorille au diner est effectivement le sommet du film, et le problème c'est qu'elle arrive à peu près au milieu. Un homme qui imite un gorille de plus en plus agressivement devant une assemblée de bourgeois paralysés par la bienséance, incapables de réagir collectivement à une menace réelle, c'est du grand cinéma de la honte sociale. Tout avant et après cette scène pâlit en comparaison.
Östlund confond longueur et profondeur, provocation et réflexion. Deux heures et demie pour dire ce que Force Majeure, son film précédent, disait en moins de temps et avec plus de précision.
Palme d'Or 2017 qui me semble rétrospectivement généreuse. Je suis venu pour le gorille, je suis resté par obligation.