The Square est un film qui brille par la qualité de sa mise en scène et sa structure narrative déroutante. Östlund joue constamment sur la frustration du spectateur : il nous induit en erreur, nous met sur des fausses pistes, refuse de fermer certaines scènes et d’y apporter une véritable résolution. Le réalisateur appuie cette frustration par des mouvements de caméra lents et une utilisation maîtrisée du hors champ qui nous met constamment en attente de révélations qui viendront parfois tardivement, parfois jamais.
Le récurrence du carré dans la composition de l’image (cage d’escalier, scène, tableaux, fenêtres) nous montre que le “Square” est partout autour des personnages sans qu’ils en perçoivent le sens véritable : l’égalité et la responsabilité deviennent une œuvre d’art, alors qu’elles devraient être des principes fondamentaux qui s’appliquent partout, sans avoir besoin d’être délimités par un carré blanc au sol. Östlund signe ainsi une satire brillante d’une société qui conceptualise la morale au lieu de simplement la vivre.
The Square est un film déroutant qui ne plaira pas à tous, certes, mais qui apporte une réelle proposition artistique. Un film à multiples interprétations qui continue de vivre après le générique.