The Station
6.3
The Station

Film de Sara Ishaq (2026)

Les rendez-vous avec le cinéma yéménite sont rares et c'est compréhensible, eu égard à la situation d'un pays ravagé par d'effroyables guerres intestines. L'on se souvient des Lueurs d'Aden, très beau, et c'est aujourd'hui The Station qui vient nous offrir une vision tout aussi passionnante, mais relativement différente dans son exécution. C'est de l'essence des femmes dans la situation actuelle dont nous parle The Station et pas seulement parce que l'action se déroule pour la plus grande partie dans une station-service réservée aux femmes, laquelle se transforme en lieu de discussions et de solidarité, comme un abri protégé, au moins provisoirement, du tumulte et de la violence des hommes. Un peu statique, peut-être, dans sa première moitié, le film se renouvelle sous forme de suspense et de course contre-la-montre. La réalisatrice Sara Ishaq, dont c'est le premier long métrage et qui avait pour projet d'origine un documentaire, démontre un vrai savoir-faire dans la maîtrise d'une intrigue qui dévoile son grand humanisme et suscite une émotion véritable. Aux femmes yéménites, héroïnes sans jamais avoir eu l'intention de l'être, leur compatriote cinéaste rend un hommage vibrant, en montrant une fois encore, mais ce n'est jamais trop, que le chaos de la guerre impacte une société entière, y compris ceux ou celles qui ne rêvent de rien d'autre que de vivre enfin en paix.

Cinephile-doux
7
Écrit par

Créée

le 29 juin 2026

Critique lue 14 fois

Cinephile-doux

Écrit par

Critique lue 14 fois

1

D'autres avis sur The Station

The Station

The Station

8

JuChrn

le 9 juin 2026

Suivre

Critique de The Station par Ju Chrn

Du fait des contraintes politiques, la production de ce film a duré dix ans et a poussé sa réalisatrice à réimaginer le Yémen sans en changer le cœur : le pays est soumis aux guerres de clans et,...

Du même critique

Anatomie d'une chute

Anatomie d'une chute

6

Cinephile-doux

le 28 mai 2023

Suivre

Procès d'intentions

Depuis quelques années, le cinéma français, et plus particulièrement ses réalisatrices, trustent les lauriers dans les plus grands festivals. Au tour de Justine Triet d'être palmée à Cannes avec...

France

France

8

Cinephile-doux

le 25 août 2021

Suivre

Triste et célèbre

Il est quand même drôle qu'un grand nombre des spectateurs de France ne retient du film que sa satire au vitriol (hum) des journalistes télé élevés au rang de stars et des errements des chaînes...

The Power of the Dog

The Power of the Dog

8

Cinephile-doux

le 25 sept. 2021

Suivre

Du genre masculin

Enfin un nouveau film de Jane Campion, 12 ans après Bright Star ! La puissance et la subtilité de la réalisatrice néo-zélandaise ne se sont manifestement pas affadies avec Le pouvoir du chien, un...