Voir le film

J’ai cette sensation, assez désagréable, de voir un film qui passe son temps à la citation. Je ne crois pas avoir vu un seul plan, une seule idée véritablement originale dans ce film. Je ne ferai pas la liste, je n’en citerai aucun, mais franchement, quel foutage de gueule.


Je ne suis pas à l’aise avec cette manière de filmer les corps. Je la trouve ridicule, d’autres diraient masculinité. Qu’est-ce que c’est épuisant, cette démonstration constante. À chaque instant, chaque trait est marqué, souligné, au cas où le doute, le questionnement pourrait exister. Je déteste cette critique de la beauté, qui en arrive à l’exact opposé de ce qu’elle critique, c’est-à-dire la superficialité.


Ce film est profondément ridicule. Et cela me gêne, car oui, le film pointe du doigt les dérives systémiques des publicités et plus largement, de la consommation. Mais quand l’allégorie dépasse le réel, et que le réel est sans fondement, il ne reste plus grand-chose. J’ai lu « coquille vide » dans certaines critiques, mais c’est déjà accepter qu’il y ait une coquille. Je ne vois pas grand-chose dans ce film. Je ne ressens pas grand-chose dans ce film.


Je ne peux entrer dans ce monde, tant les références abondent, les clins d’œil à d’autres réalisateurs. J’ai l’impression de boire un Cola à Aldi. Ce n’est ni du Coca-Cola, ni du Pepsi, encore moins du Dr Pepper, et l’idée du Fritz Kola est une chimère.


En fait, c’est cela : le film est une contrefaçon, un faux produit, ce qui d’ailleurs convainc. Il y a une cohérence entre ce que dénonce le film et ce que le film est : une succession de clichés qui se suivent.


Franchement, j’ai eu l’impression tout au long du film de discuter avec un mec cocké qui me parle de Tarantino toute la soirée et de tous ces films préférés. Il m’est impossible de vraiment suspendre mon incrédibilité et me vautrer dans la fiction, car je ne crois pas un mot, une image, un son de l’univers de ce film.


À ces dépens, cette étalement de la culture cinéphile pendant deux heures vingt me fatigue et m’énerve au plus haut point. Je ne suis pas sûr de l’effet voulu, de l’effet recherché, et je ne ressens qu’une étrange colère et une envie de cracher vilainement sur le film et ses artisans.


Ce film est dégueulasse. C’est déplorable, ce vide psychologique qui habite les personnages.


Tous les personnages m’ont paru inexistants, transparents, ou bien ridicules à souhait. À l’image de cette réalisation grossière qui ne sait pas faire grand-chose d’autre que copier comme une œuvre de lycéen.


Ça me gonfle que le trouble psychologique que traverse Elisabeth au carré ne soit qu’effleuré. Il n’y a rien vraiment. Elle se plie à la sainte trinité des personnages en déperdition, comme l’on voit et fait ce que l’on voit déjà constamment : une dynamique de la représentation déjà vue : Elle se tape la tête, hurle, se regarde dans le miroir. Vous la saisissez, la duplicité ? Putain. Quelle vision étroite.


Si ce film avait été réalisé par un homme, il aurait été plus scandaleux. Là, il est juste ridicule et on lui pardonne, parce que c’est une bonne chose que les femmes s’emparent de ce genre de sujet que sont les rapports de forces, de genre dans notre société.


Mais la conclusion filmique qui en résulte est scandaleuse, et au générique je me suis dit simplement : « Putain, qu’est-ce que le film se la pète ! On dirait un film de mec »





ectorlalligator
3
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le 13 juil. 2026

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