Avec un long-métrage comme « The Toxic Avenger » on sait ce que l’on va voir rien qu’en regardant l’affiche et en lisant le pitch. C’est-à-dire tout sauf quelque chose de sérieux! On est dans un film ouvertement bis qui tient le plus souvent de la série Z que de la série B. Remake d’un film devenu culte avec le temps (et ayant engrangé plusieurs suites dans les années 80 et 90), il se positionne comme une parodie azimutée et vilaine des films de super-héros. Si l’original singeait la mode des collants à son époque, cette relecture a encore plus sa raison d’être avec l’explosion de films du genre depuis « X-Men », « Spider-Man » et surtout le lancement du Marvel Cinematic Universe avec « Iron Man » il y a plus de quinze ans. Cependant, plus qu’un film qui moque les films des super-héros, cet opus se voit plus comme une version décérébrée, vulgaire, gore et extrême des films mettant en scène des personnes avec de super pouvoirs.
Plutôt qu’une grande ville, l’intrigue se situe dans une petite bourgade du fin fond des États-Unis, ce qui colle bien avec la note d’intention. On y voit un quidam tomber dans une cuve de produits toxiques de l’entreprise où il travaillait et qui l’a rendu malade, le rendant aussi puissant que défiguré. L’entreprise en question est une entreprise de cosmétiques et de médicaments, permettant une critique (très) facile de ce milieu dès lors que notre monstre va entreprendre de se venger. Dans le rôle des méchants Kevin Bacon et Elijah Wood en font des tonnes mais c’est aussi ce qu’on leur demande dans ce genre de production. Dans le rôle principal Peter Dinklage dénote presque en étant plus sérieux. Il manquerait presque de second degré dans son incarnation de ce vengeur purulent.
La tonalité est clairement versée vers le Z, la gaudriole et le n’importe quoi et il y a une volonté de faire le plus fauché possible, encore plus que ce que permet le budget du film. Néanmoins, on a l’impression constante que « The Toxic Avenger » hésite constamment entre verser dans le délire trash et gore total ou se placer davantage dans la retenue pour se ranger du côté de la série B plus classique. Il n’empêche qu’on a le droit à plusieurs séquences joyeusement sanguinolentes qui ramène aux bonnes heures de Troma et d’autres qui nous arrachent des sourires francs voire même quelques éclats de rire parfois. Sauf qu’il n’y en a pas vraiment qui restent en mémoire à la sortie de la salle. On est donc devant un film volontairement débile et old school qui pourrait (peut-être) devenir culte avec le temps lui aussi, par la grâce de quelques scènes complètement débiles et assumées en tant que telles. Mais pas assez cependant pour acquérir le statut de parfaite poilade!
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