Palmisé à Cannes en tant que meilleur film, The Tree of Life est, en 2011, la cinquième réalisation de Terrence Malick. Connu pour déconcerter les meilleurs et rendre indécis tout cinéphile, il nous narre l'histoire d'un couple qui fonde une famille, d'une certaine façon. Bon, ça va pas être simple à critiquer tout ça, rien qu'à résumer l'histoire c'est difficile.
Car il ne faut pas voir cela comme une famille à la Modern Family qui emménage dans un pavillon de banlieue. Non non, n'oublions pas que dans un film de Malick et que ce serait beaucoup trop terre-à-terre, beaucoup trop premier degré comme histoire. Ici, le bonhomme préfère poser quelque chose sur la table et dire: "Bon, je vais faire un film sur la Vie !" Car c'est ce qu'il fait, au final. Eh oui, le film n'a pas ce titre-là pour rien. Malick commence donc par l'histoire de toutes choses, l'histoire de la Terre, l'histoire du monde, l'histoire de la vie en somme. Comment est-elle née ?
Toujours avec ce style éloquemment silencieux, communiquant mille émotions par images sur une musique d'Alexandre Desplat absolument splendide, on assiste, dessinée par la main d'un peintre génial, à la naissance de la vie. D'abord, la vie animale, la vie naturelle, végétale. Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un Malick et que l'aspect Nature/Amour a une place fondamentale dans l'histoire. Et ensuite, la naissance de l'enfant, fruit de l'amour de deux êtres, finalité d'une nature qui aura mis des milliards d'années à se mettre en place.
Comme un documentaire sur l'Homme, Malick va filmer la croissance de ces enfants, éduqués à la fois par la figure de la mère aimante et du père fort. Il va filmer leur innocence, à l'âge où ils ne se doutent encore de rien et sont purs, comme il les aime (ne vous détrompez pas sur cette expression), à l'image de la nature, de Dieu. Car oui, comme dans La Ligne Rouge, Dieu a une place très importante dans ce film. On aura compris que pour notre ami Terry, Dieu=Nature, et que d'une certaine façon l'hommage du réalisateur à cette nature n'est jamais très loin, même si on est loin de l'intensité des Moissons du Ciel ou de La Ligne Rouge à ce niveau-là.
Je n'ai pas grand-chose à dire de plus. Comme d'habitude, Malick cumule les même défauts de longueur et d'absence de scénario, embauchant des acteurs 5 étoiles (Sean Penn, Brad Pitt, Jessica Chastain) pour ne pas forcément les pousser à leur meilleur niveau. Mais après tout, la Vie n'est-elle pas le scénario rêvé ? Quoi de plus naturel comme scénario ? C'est ce qui me pousse à dire que ce film est réellement le chef-d'oeuvre de Malick, pour une simple raison: vu la généralité avec laquelle il aborde ses thèmes habituels dans ce film, il ne pourra jamais faire mieux en restant simplement cantonné à ces thèmes-là. A moins qu'il ne change de domaine, de thème, même si j'imagine mal un Malick sans ode à la nature.
Au final, The Tree of Life, plus contemplatif que jamais, atteint des sommets visuels encore jamais atteints par son réalisateur, qui prouve encore une fois qu'il est un génie de l'image. Cela ne suffit cependant pas forcément et, même si son talent force le respect, force est de constater que chacun de ses films est trop lent pour être savouré avec plaisir. Je décide cependant de lui offrir cette note, simplement pour saluer le talent d'un réalisateur qui, je le pense sincèrement, a signé son apogée avec ce film.