Ce n'est pas un film mais une claque.
Une claque c'est clivant, on peut clairement ne pas aimer, mais il faut la prendre avant de le savoir.
Plongés au coeur d'un pensionnat pour jeune sourd/muets en Europe de l'est, on est dès les premières minutes happés dans un univers réaliste. (le réalisateur à pour volonté de vraiment dépeindre la réalité et la violence de ces lieux)
Un film sans dialogue parlé (pas de sous-titre), sans musique... et pourtant, on comprend chaque ligne de dialogue grâce à l'expressivité des acteurs (qui n'en sont pas).
Chaque mouvement devient une ponctuation, chaque son de frottement de peau une nuance.
Et au delà de cette poésie, le fond est lui d'une froideur extrême.
Les échanges entre les personnages sont tous puissants, incarnés.
Les plus beaux dialogues du cinéma n'ont pas de mot
Jusqu'au bout la forme magnifique contraste avec la cruauté et la réalité jusqu'à la résolution que l'on vie comme une énorme claque, à la fois délivrance et horreur.
10 ans après je garde la trace de cette claque sur la joue.